ODE XVI
Élévations à Dieu par l'humble reconnoissance de ses bontés.
Qu'en moi tout parle et tout s'enflamme Que mon cœur, ma bouche et mon ame Bénissent le nom du Seigneur.
Oui, mon ame, bénis sa gloire:
Pourrois-tu perdre la mémoire De celui qui fait ton bonheur?
C'est le maître que je veux suivre :
J'étois mort, il m'a fait revivre ; Il m'a cherché dans le tombeau.
Sa voix a ranimé ma cendre :
Des jours qu'il a voulu me rendre Je lui consacre le flambeau.
Mon cœur à sa main s'abandonne;
Et sa grâce qui m'environne
En écarte toute langueur.
L'aigle, au printemps, qui sur ses ailes
Voit briller ses plumes nouvelles
Est l'image de ma vigueur.
Grand Dieu , la timide innocence , Que persécute l'insolence, Trouve en toi son libérateur.
Que ne fis - tu point pour nos pères , Lorsque, touché de leurs misères, Tu te montras leur protecteur !
Par tes menaces redoutables Tu sais effrayer les coupables ; Mais ta colère n'a qu'un temps :
Et jamais tes justes vengeances A la grandeur de nos offenses Ne mesurent les chatimens.
En vain nous t'irritons sans cesse , Le premier remords qui nous presse Nous rend un regard de tes yeux :
Tu pardonnes; et ta clémence S'étend plus loin que la distance De la terre au sommet des cieux.
Père tendre, père adorable.
Oui, je suis un enfant coupable.
Un fils indigne de ce nom ;
Mais tu sais bien ce que nous sommes:
Tu n'ignores pas que les hommes
Ne sont pétris que de limon.
Poudre légère, cendre vile.
Tout notre édifice fragile
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Au moindre souffle ya. périr; Et notre vie infortunée Est cette fleur qu'une journée Voit naître, briller et mourir.
Qu'au matin je la trouvois belle!
Quel éclat, que d'attraits sur elle La nature avoit répandus !
Le soir en vain je l'ai cherchée :
Les vents cruels Font arrachée : .
Sa place ne se trouve plus.
Triste fleur, tu n'es pas l'image De ces hommes dont le courage Vers Dieu s'élève constamment.
Sa gloire est l'objet de leur zélé; Et dans cette gloire éternelle Ils vivront éternellement.
Au haut du ciel ce Dieu réside , Suprême arbitre qui préside A l'empire de l'univers.
Anges, que sa majesté sainte Pénètre d'amour et de crainte.
Elevez vers lui vos concerts.
Interprètes de ses oracles , Exécuteurs de ses miracles, Vous qu'environne sa splendeur, Rendez -lui d'éternels hommages;
SACREES. 4m
Et ((u'ici-bas tous ses ouvrages Avec vous chantent sa grandeur.
Garderai -je un ingrat silence Quand tout m'annonce la présence De celui qui fait mon bonheur?
Qu'en moi tout parle et tout s'enflamme : Que mon cœur, ma bouche, mon ame.
Bénissent le nom du Seigneur.
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