ADIEUX A LA SUISSE
Suisse . 1843.
La France me rappelle ; adieu . riche Helvétie I Dans les Ilots ondoyants de ta brume épaissie
J'ai vu tes monts plonger avec orgueil. Majestueux tableaux ! illusion charmante !
Leur faîte semblait un écueil Tout baigné des flocons d'une mer écumante. J'ai vu tes saules verts pencber , comme un rideau > Sur tes vallons remplis d'herbes , de fleurs et d'eau ; Les contours sinueux de tes blanches collines Courir à l'horizon , en vagues cristallines ; Tes prismes de glaçons refléter des éclairs , Alors que , saluant le jour qui recommence , L'aigle ? grand monarque des airs, Dans les plaines du ciel poursuit son vol immense,
Villageois , montagnards , ô vous , que j'aimais tant , Vous qui de l'amitié connaissez bien les charmes ; Àh ! mon cœur se déchire et saigne en vous quittant ;
Je mêle à ce discours un sourire.... et des larmes î Loin de vous la discorde et le fracas des armes , Et ces monstres si fiers du nom de conquérants î L'air que vous respirez est mortel aux tyrans. 0 Suisse î que jamais le sang ne contamine La blanche pureté de ta robe d'hermine !
La France me rappelle ; adieu donc! mais toujours Je vous regretterai , montagnes solitaires , Où de si belles nuits j'admirai les mystères ,
Où j'admirai de si beaux jours!
Adieu , temples sacrés du bonheur véritable , Chalets , où bien souvent je suis venu m'asseoir ; Où je voyais l'aurore ; où j'entendais , au soir , Les troupeaux mugissants regagner leur étable ; Adieu cent lois ! — - Ici devraient tous accourir
Ceux qu'assiègent l'ennui t les chagrins , la souffrance ; Ici j'aurais voulu naître , vivre et mourir , Si mon pays n'était la france! ! !
là. »ooa.
(Couplets chantés par une petite fille. ]
Jeunes époux , lorsque votre hyménée Fait palpiter tous nos cœurs à la fois ,
Pour célébrer cette heureuse journée , Timide enfant j'ose élever la voix.
Lorsque l'autel se pare de guirlandes Et resplendit des plus vives clartés , A ce banquet j'apporte pour offrandes De faibles chants que l'Amour a dictés.
Voguez en paix sur la mer de la vie , Près du rivage et sous un ciel d'azur. Que le zéphir, secondant votre envie , Souffle et vous guide au port tranquille et sûr Soyez heureux ! aux bons cœurs tout prospère C'est pour vos cœurs un présage certain. Soyez heureux 5 pour rendre heureux un père Dont votre sort va régler le destin !
J'en ni l'espoir , le ciel cjui vous protège , De son appui vous couvrira toujours ; Et àes plaisirs le fidèle cortège Embellira même vos derniers jours.
Puisqu'à des vœux se borne ma puissance , Avec respect je les offre au Seigneur ; Car il sourit aux vœux de l'innocence , Et tous les miens sont pour votre bonheur.
&<& aâss^acaas,
€a Cétljargic.
Qui pleure ainsi ? C'est une jeune mère . Le front chargé des ombres du trépas.
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Àh ! d'où lui vient cette douleur amère ? Son fils est mort ! Ne la consolez pas. Les yeux hagards , la figure livide , Le sein gonflé d'un soupir étouffant , Elle est assise auprès du berceau vide Où nuit et jour reposait son enfant.
11 dort couché sous des voûtes funèbres : Un froid linceul est replié sur lui. Quel faible cri perce dans les ténèbres ? Comme un rayon , quel doux espoir a lui ? 11 n'est point mort ; il se réveille , il joue , Ce cher enfant déjà si regretté, ïl teud les bras, il rit , et sur sa joue Brillent encor les fleurs de la santé.
Pâles flambeaux dont l'éclat l'environne , Éteignez -vous! tombez, voiles de deuil!
Que sur sa tête on pose la couronne Dont la fraîcheur embaumait son cercueil. Vous qui gardez cette noire demeure , Vers une mère , allez î il faut courir ! Mais de plaisir craignez qu'elle ne meure , Quand de regret elle n'a pu mourir.
Elle gémit , elle pleure en silence :
Puis tout-à-coup lève ses yeux mourants :
« Mon fils ! ô ciel ! mon iils ! » Elle s'élance ,
Couvre son fils de baisers dévorants.
« O doux transports ! ô moments pleins de charmes î
» Est-ce bien toi? je te croyais perdu !
» J'en crois mes yeux , et mon cœur et mes larmes j » C'est toi j mon fils » c'est toi qui m'es rendu i
» Reste avec moi , seul bonheur de ma vie !
» Je perdrais tout , mes chars et mes chevaux ,
v> Et mes trésors , qui font crier l'envie ,
» Mon vieux manoir et mes jardins nouveaux,
» Et mes salons qu'un vain luxe décore ,
« Je perdrais tout , eh bien ! tu me suffis ;
» Eu mendiant , je me dirais encore :
-> Béni soit Dieu , qui m'a rendu mon fils ! »