‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 11 sur 353 · LXX VIII · texte numérisé non relu

LXX VIII

L'examen comparatif des collections complètes permet de constater, ainsi que nous l'avons dit plus haut, l’unité du plan qui a présidé à leur confection, sans que l’aient en rien modifié les additions successives qu'elles ont pu recevoir.

Ce plan présente deux grandes sections : les œuvres poétiques d'une part, de l’autre les compositions poético-musicales ou purement musicales. Dans ce dernier groupement, les morceaux sont rangés d’après leur degré de complexité ; dans le second qui ne comprend guère que des Dits, ils suivent en somme l'ordre chronologique, ainsi que je l’ai déjà fait observer. Indiquons ici les principaux avec leurs dates, selon le rang que leur assignent les manuscrits.

Dit du Verger — une des premières compositions du poète.

Jugement du rot de Bohême — avant 1346.

Jugement du roi de Navarre — 1349.

Remède de Fortune — avant 1357.

Dit du Lion — 1342.

Dit de l'Alérion — ne peut pas être une des premières compositions de Machaut.

Confort d'ami — 1357.

Fontaine amoureuse — 1361-1362.

Dit de la Harpe — ?

Quelquefois le Voir Dit et la Prise d'Alexandrie, occupent une place à part, comme dans la copie /, mais toujours à la fin de la liste qui précède.

Toute une série de manuscrits ouvre la première section par des pièces lyriques sans notation musicale. Si c’est par ce genre de poésies que Machaut débuta, comme nous l’avons supposé, ce détail ne manque pas d'intérêt. Mais toutes ces ballades, rondeaux, complaintes, etc., devaient naturellement être rapprochées des pièces lyriques mises en musique. D’un autre côté, le Prologue dans sa forme développée, où notre auteur exposait ses principes poétiques, exigeait une classification plus nette. Cependant le manuscrit C, en détachant les pièces lyriques non notées de la série traditionnelle des Dits, a mis à part le Voir Dit et la Prise d'Alexandrie et les a placés à la fin de la première section. La classification de la

copie À est la plus exacte. L'équilibre entre les différentes parties de la première section n'y est troublé que par le Dit de Lys et de la Marguerite. Mais c’est là un point sans importance.

Les transpositions signalées, qui datent du xiv° siècle (attendu que les principales copies appartiennent à cette époque), et qui caractérisent certains manuscrits, nous permettent de partager ceux-ci, au point de vue du plan général, en trois groupes différents : MR, BDFJN et CK.

Restent les copies À et Æ, sur lesquelles nous reviendrons plus loin. Ce n’est là du reste qu’un groupement provisoire ; une classification définitive ne pourra être tentée qu'après une étude comparative des textes. N'ayant pu encore aborder celle des compositions plus étendues, je m'en tiendrai, pour le moment, aux données que j’ai recueillies dans ce long travail consacré aux poésies lyriques.

Voici d’abord un tableau synoptique de ces poésies :

61 | 61 | 61 gt | gr | gt Li | Lr | Li g1 | 91 | 91 Sr | Sr | S1 br | br | bi £r | £r | £t

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