‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 119 sur 353 · LXXIV (1). — BALADE · texte numérisé non relu

LXXIV (1). — BALADE

' n'est confors qui me peüst venir,

S'il ne venoit de vo fine doucçour ; Ainsois convient moy garir ou morir, Bele, par vous que j’aim de fine amour, (fol.s2 v°.b) Car de vous vient m’amoureuse dolour.

Et pour ce est drois que mes confors en veingne, S'Amours le vuet et vos gentils cuers deingne.

Mais tant langui par deffaut de merir

ÂAy que mes cuers n’a mais autre vigour,

Fors le voloir d’amer et d'obeïr

Et de penser toudis à vostre honnour ;

N'il ne s’entent à faire autre labour,

En esperant que de moy vous souveingne, S'Amours le vuet et vos gentilz cuers deingne ;

Si que je sui trop longteins de guarir,

Quant vous n'avés pité de ma langour,

Einsois estes contraire à mon desir,

Dont mi jour sont continué en plour.

Si voy trop bien qu’il n’i a milleur tour,

Fors que briefment la mort pour vous me preingne, S’Amours le vuet et vos gentilz cuers deingne.

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