‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 155 sur 353 · CXI. — BALADE · texte numérisé non relu

CXI. — BALADE

ELAS! mon cuer, bien le doy pleindre, Quant j'ay perdu ce que j'amoie Plus que moy, de cuer et sans feindre; Trestoute m’entente y mettoie.

s Las ! or me tolt toute ma joie.

S'en chant de cuer desesperé :

,Ma dame m'a congié donné”

Se Diex ne me laist ja ateindre À merci, que je la servoie

10 Pour bien et feray, sans refreindre, De cuer, que qu’avenir m'en doie.

Mais trop volentiers je saroie, Pour quoy ne de quel volenté Ma dame m'a congié donné.

15 Car le mal qui si me fait teindre Plus aisiement porteroie, S'Amours ne me voloit destreindre, Se mon droit en mon tort savoie.

Mais je croi bien, se Diex me voie, 20 Que par deffaut de loyauté (fol. 56 re. b) Ma dame m'a congié donné.

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