‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 173 sur 353 · CXXX. — BALADE · texte numérisé non relu

CXXX. — BALADE

D‘ coment que souvent ne vous voie Et que lonteins soie de vo corps gay,

Vous savés bien qu'adès, où que je soie,

Tres loyaument de cuer vous serviray

Et qu'humblement vostre voloir feray.

Et puis qu’einsi estes de moy certeinne,

Ne me soiés de vostre amour lonteinne.

Si ferés bien, car se morir devoie

En vous servant, ja ne vous fausseray, Nès en penser ne en desirant joie D'autre de vous. Et quant de cuer si vray Vous ay amé et toudis ameray

Et aim encor sans pensée vilainne,

Ne me soiés de vostre amour lonteinne.

Car nullement endurer ne porroie

Sans vostre amour la dolour que je tray,

Pour ce que long de vo maniere coie

M'estuet languir, dont je vif en esmay.

Pour ce vous pri, douce dame, se j’ay

Riens deservi, que vous, pour ma grief peinne, Ne me soiés de vostre amour lonteinne.

CXXIX.15. La troisième strophe manque dans E ; t. m'entente D.

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