‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 211 sur 353 · CLXIV. — BALADE · texte numérisé non relu

CLXIV. — BALADE

1 se peinne de mi mettre à la mort Le grant Desir qui adès me destreint, Et pour tenir mon cuer en desconfort Eürs me het et Fortune se feint S De moy aidier, car où ma dame maint Ne puis aler n’envoier; dont je croy Que j'en morray, se briefment ne la voy.

Car vraiement, la dolour que je port Fait que mes cuers souvent souspire et pleint, 10 Si que je n’ay ne joie ne deport, Einsois suis cilz qui toudis se compleint; (fol. 61 r°. a) Ne il n’est riens à nelui de mon pleint, Nès à celle qui me fait tant d’anoy Que j'en morray, se briefment ne la voy.

15 Helas! si suis arrivés à mais port

Que mon desir mon esperance veint

Et ma dolour desconfist mon confort

Et mon penser toute ma joie esteint;

Et quant biens n’est qu’esperence m'ameint, 20 Dites, amant, se je bien dire doy

Que j'en morray, se briefment ne la voy?

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