‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 213 sur 353 · CLXVI. — BALADE · texte numérisé non relu

CLXVI. — BALADE

D si vraie volenté

M'a loyal amour enrichi

Et, pour parfaire loyauté,

Si endoctriné et norri

Que, comment que li corps de mi Preingne ensus de vous sa demeure, Ma dame, li cuers vous demeure,

b.que sans d,. F.

se part F]J.

Qui en joie me faite. E.

De reveoir E.

Dame si vr. v. J.

Comme cilz qui vostre bonté Sert, aour et prie merci.

Nompourquant vo fine beauté

Ne puis veoir ; dont je langui En joliveté, si qu’einsi

Tout adès, se Diex me sequeure, Ma dame, li cuers vous demeure.

Et puis que j’aim sans fausseté,

A loy de tres loyal ami

Qui vueil faire tout vostre gré,

Pour Dieu, à mains jointes, vous pri Que de vous ne soie en oubli,

Car en tous temps et à toute heure, Ma dame, li cuers vous demeure.

CLXVIIL — BALADE

J' Diex pooir ne me doint ne loisir Ne tant durer que j'aie ja pensée

Ne volenté ne pooir ne desir

D’entroublier ma dame desirée :

Car, pour m’ame, mescheoir la journée

Ne me porroit qu’il me souvient de li,

Pour la bonté dont Diex l’a enrichi.

Dont n’est il maus qui me peüst venir, Car nuit et jour sa face coulourée

Et sa fine biauté que tant desir

Par souvenir m'est adès demoustrée :

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