‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 245 sur 353 · CXCV (1). — BALADE · texte numérisé non relu

CXCV (1). — BALADE

D° Fortune me doy pleindre et loer,

Ce m'est avis, plus qu'autre creature ; Car quant premiers encommencay l’amer, Mon cuer, m’amour, ma pensée, ma cure

Mist si bien à mon plaisir Qu’à souhaidier peüsse je faillir,

N’en ce monde ne fust mie trouvée Dame qui fust si tres bien assenée.

Car je ne puis penser n’imaginer Ne dedens moy trouver qu’onques Nature De quanqu'on puet bon et bel appeller Peüst faire si parfaite figure

Comme est cils, où mi desir Sont et seront à tous jours sans partir ; Et pour ce croy qu’onques mais ne fu née Dame qui fust si tres bien assenée.

Lasse ! or ne puis en ce point demourer, Car Fortune qui onques n’est seüre Sa roe vuet encontre moy tourner Pour mon las cuer mettre à disconfiture.

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