‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 246 sur 353 · CXCVI — BALADE · texte numérisé non relu

CXCVI — BALADE

dE ensement que le monde enlumine Li biaus solaus, quant il rent sa clarte Et que ses rais la froidure decline (fol. 204 r°. a) Et fait venir les biens à meürté, s Einsi le haut bien parfait De ma dame veint tout vice et defait :

Par tout resplent sa vaillence et habunde ; Mais de son bien, certes, c'est tout le munde

Tant scet, tant vaut, tant puet que c’est la mine 10 Que nuls ne puet espuisier de bonté :

Chascuns qui tent à bien y puise et mine; Mais plus en a, quant plus en a donné.

Et tant a adroit souhait, Corps gent et joint, par mesure pourtrait, 15 Qu'en beauté n’a pareille ne seconde ; Mais de son bien, certes, c’est tout le munde.

Tant est parfaite en tout et enterine Que trestuit cil qui sont et ont esté S'onneur, son pris, son scens, sa douceur fine 20 En cent mille ans n’aroient recité.

Chascun à bien faire attrait Par son maintieng et par son dous attrait, Humble envers tous et d’orgueil pur et munde; Mais de son bien, certes, c’est tout le munde. CXCVI. 2. il veult sa c. J; rente F.

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