‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 280 sur 353 · CCXXVIII · texte numérisé non relu

CCXXVIII

CCXXVII (1). — BALADE

C* qui contreint mon cuer à toy amer, (C:fol.208v°.a) Amis, ce fait ta bonne renommée,

Pleinne d’onneur, qu’on ne peut trop loer.

Tant dire en oy que m'amour t'ay donnée A tous jours, sans decevoir.

Lasse ! dolente, or ne te puis veoir ;

Pour ce m’estuet, dont je souspir et pleure,

Haïr mes jours pour ta longue demeure.

Et souvenirs, qui ne me laist durer, L’impression de t’image honnourée, Juene, gentil, bonne et belle sans per, Peint en mon cuer avec douce pensée, Pour moy faire joie avoir.

Mais li desirs que j'ay veint bon espoir Et dous penser ; ce me fait à toute heure Haïr mes jours pour ta longue demeure.

Pour ce te pri, ne vueilles oublier Moy qui plus t’aim que creature née; Car s’il avient, je te puis bien jurer Que ma vie sera par toy finée, Briefment et en desespoir ; Et ce seroit pechiés, à dire voir, Quant tu me fais à cuer plus noir que meure Haïr mes jours pour ta longue demeure.

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