CCXLII. — BALADE
A notes qui m'a nouvellement espris Fait que dolour est avec l’amour née,
Qu'elle me fait amer dame de pris
Plus fort qu’onques dame ne fu amée.
s Et si voy tout clerement
Que la douçour de son viaire gent M'eslongera ; et s’elle m'est lonteine, Toute dolour sera de moy procheinne.
Car sa douceur m'a si doucement pris 10 Que je ne puis avoir longue durée Long de dous yex de son gracieus vis Qui ont ravi mon cuer et ma pensée.
Et pour ce di vraiement Que je vivray tres dolereusement, 15 Et que, pour moy faire avoir plus de peinne, Toute dolour sera de moy procheinne.
Et s’ay veü tant d’amours et apris
Qu’amy changier fait longue demourée,
Et avec ce grant peinne et grans peris 20 Est d’amer fort en lonteinne contrée.
CCXLII. 20. a. m'yert(iert) FM ; a. ou yert À ; rendue au lieu de merie M. CCXLIIT. 4. qu'onques maiz F/], qu'o. mais DN (mais a été biffé ensuite dans D).