‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 310 sur 353 · CCLXI. — BALADE · texte numérisé non relu

CCLXI. — BALADE

D° vray desir, d’amoureuse pensée, Tres loyaument, com fins loyaus amis, Vous ay servi, douce dame honnourée, Et serviray, tant com je seray vis :

s N’oncques mon cuer saouler Ne pos de vous chierir et honnourer, (fol. 66 r°. a) Et vous mettés toudis doleur en mi, Quant vous m'avés de vo grace banni.

(1) Cette pièce mangue dans K,

Douce dame, vo bonté desirée 10 Et la douceur de vo gracieus vis Ont maintes fois en estrange contrée Fait que j'estoie amoureus et jolis, Par vo biauté, qui n’a per, Tres doucement souvent ymaginer.

15 Et près de vous souspir, pleure et gemi, Quant vous m'avés de vo grace banni.

Et puis que j'ay si dure destinée

Que je vous pers, et si n’ay riens mespris, Et qu’en doleur est ma joie muée

20 Et que mes biens est tous mors et peris, Jamais ne quier desirer

Fors tost morir, belle, pour vous amer.

Si finera li maus dont je langui,

Quant vous m’avés de vo grace banni.

CCEXII (1). — RONDEL

ui sert, se faire vuet à point, Avoir doit toudis en memoire Qu'on doit bien servir et mal croire.

Et trop bien doit garder ce point Qui sert, se faire vuet à point.

Car largesse de lieu n’a point, Promesse est vent, honneur n’a gloire, Et Amours dort, c’est chose voire.

Qui sert, se faire vuet à point,

Avoir doit toudis en memoire

Qu'on doit bien servir et mal croire.

CCEXI. 9. de bonte d. AC.

(1) Publ. par P. Tarbé, G. de M., p. 53.

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