‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 311 sur 353 · CCLXII. — BALADE · texte numérisé non relu

CCLXII. — BALADE

GE vo grandeur vers moy ne s’umille, Tres dous amis, que j’aim sans decevoir, Povre esperance avoir doy en ma vie, Car j’ay doleur qui trop me fait doloir Pour vous, où j’ay mon cuer mis, Si que ja mais n’en puet estre partis.

Si ne doi pas toudis à vous penser Sans vostre amour avoir ou esperer.

En :1j- amans qui s’aimment signourie Estre ne doit, einsois doivent avoir Un cuer, une ame et une maladie, Une pensée, un desir, un voloir ;

Dont se vos cuers n’est onnis A mon desir, li miens sera honnis, Car je ne puis pas longuement durer Sans vostre amour avoir ou esperer.

Et se des biens de Fortune n’ay mie Si largement comme autre puet avoir, S’ai je aussi bien vaillant -j- cuer d’amie, Comme tele est roÿyne, à dire voir.

Et bonne Amour, ce m'est vis, Ne demande que le cuer, si qu’,amis, Le mien avés ; si ne doy demourer Sans vostre amour avoir ou esperer.

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