‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 334 sur 353 · VI. — COMPLAINTE · texte numérisé non relu

VI. — COMPLAINTE

ON cuer, m'amour, ma dame souvereinne, Arbres de vie, estoile tresmonteinne, Rose de may de toute douceur pleinne, Gente et jolie, $ Vous estes fleur de toute fleur mondeinne Et li conduis qui toute joie ameinne, Ruissiaus de grace et la droite fonteinne; Je n’en doubt mie.

Toute biauté est en vous assevie 10. Et vo bonté nuit et jour mouteplie ; Pour ce plaisence ha dedens moy norrie Joie sans peinne, Et si m'a tout en vostre signourie Rendu et mis, et par noble maistrie 15 Ravi mon cuer qui usera sa vie En vo demeinne.

Dame, que j'aim plus amoureusement, N’onques amans n’ama certeinnement, Tous vostres sui ; mais c’est si ligement 20 Que sans partir (fol. 69 »°. b) Vous ameray de cuer, tres loyaument, Et serviray toudis tres humblement Et si feray vo dous commandement Jusqu'au morir, 25 Ne ja n’avray cuer, penser ne desir De vostre honneur en nul cas amenrir, Qu'à moy poez, douce dame, merir En un moment Plus que ne puis en mil ans desservir.

30 Pour ce sui mis dou tout à vous servir En esperant qu’aie ce que desir Procheinnement :

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