‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 4 sur 353 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Dans le plan que s'était proposé cette publication, l'édition nouvelle et complète de l'œuvre lyrique de Guillaume de Machaut devait suivre, comme une sorte de complément documentaire, une histoire de la poésie lyrique dans le Nord et le Midi de la France pendant la seconde mottié du moyen âge.

Des circonstances imprévues m'ont amené à faire paraître d'abord cette seconde partie, que l’autre, j espère, ne suivra pas de loin. Je réserve donc pour le volume en préparation l'analyse de cette œuvre et l'appréciation de son rôle dans l'ensemble du mouvement littéraire de l'époque. Les traits essentiels et caractéristiques de son inspiration y seront mis en relief et présentés comme un des sujets d'étude les plus intéressants pour l'histoire de cette « décadence poétique ».

En attendant, et puisque le volume de poésies doit paraître isolément, j'ai cru nécessaire de le faire précéder d'une biographie sommaire de l’auteur, me réservant de compléter, dans un prochain travail sur le Voir Dit, mes recherches relatives à ce « grand retthorique de nouvelle fourme ».

Dans cette esquisse biographique, on remarquera sans doute qu'il est moins question du poète lui-même que des personnages avec lesquels il eut des rapports. Il en est ainsi pour la plupart des poètes du moyen âge ; leur milieu seul nous les révèle — comme dans ces dessins pour enfants dont les contours ne ressortent que lorsque le fond en a élé noirci au crayon.

Ce fond sur lequel doit renaître l'empreinte à peine visible d'un profil effacé par le temps, il nous est fournt par des diplômes et des bulles, par des itinéraires, des faits, des allusions diverses tirées des œuvres mêmes de l'auteur. Si le récit en Paraît au lecteur un peu trop surchargé, mon excuse sera qu'un grand nombre de ces détails s'adressent aux Russes et que, même en traitant un sujet français, je ne pouvais omettre ce qui peut intéresser mes compatriotes.

À la suite de l'esquisse biographique, je donne une notice des différents manuscrits dont j'ai pu disposer, en faisant connaître les relations qui les unissent.

Parmi ces manuscrits j'ai choisi pour base de l'édition du texte un des meilleurs et des plus complets que nous possédions (1). Je le reproduis intégralement, non sans en combler les lacunes et corriger les faules évidemment échappées à la plume du calligraphe. Les variantes des autres copies sont reportées en note ; elles permettent d'en apprécier l'exactitude et fourniront à la critique un moyen de contrôle.

On sera peut-être surpris que je n'aie rien dit de la langue du poète; c’est pour des raisons indépendantes de ma volonté que je m'en suis abstenu : M. Hoepffner préparant une édition des Dits de Machaut, où, comme 1l me l'a dit lui-même, il compte traiter la question, cette lacune sera par lui avantageusement comblée.

Mais tout en gardant le silence sur ce point, je n'en ai pas moins jugé indispensable de faire suivre le texte d’un glossaire. En même temps qu’il rendra plus abordable la lecture de ces vieilles poésies, cet index signalera aux philologues les obscurités que je n'at pu éclatreir.

Il me reste maintenant un devoir à remplir envers toutes les personnes qui m'ont aidé à mener à bonne fin ce long et minutieux travail. La tâche m'a été singulièrement facilitée par la

(1) Ms. fr. 22546 de la Bibl. Nat.

courtoise obligeance des savants préposés à la conservation des manuscrits dans les grandes bibliothèques, à la Nationale, à l'Arsenal, à Chantilly, à Berne, à Modène, à Vienne et à Stockholm.

Je manqueraïs à des obligations aussi multiples que diverses, si Je ne cilais les noms de MM. J. Bois, Carta, H. et P. Champion, Dahlgren, L. Demaison, Ph. Lauer, Macon, H. Martin, H. Omont, de l'Institut, Gaston Raynaud, Ant. Thomas, de l'Institut, E. Wolter, Th. Zielinski.

Un témoignage à part est spécialement dû à M. le marquis de Vogüé, qui a bien voulu me communiquer la précieuse copie de sa riche collection, ainsi qu'à M. le vicomte de Vogüé et à M. P. Boyer, dans lesquels j'at trouvé, en cette occasion, les plus aimables et les plus nbligeants des intermédiaires.

Je tiens enfin à adresser ici mes remerciements les plus vifs à M. le professeur A. Guesnon, à qui je suis redevable d'une foule d'observations critiques, de renseignements et de conseils extrêmement précieux pour l'exécution de mon travail.

En admettant cette modeste publication dans la collection de ses Mémoires, la Faculté d'histoire et philologie de Saint- Pétersbourg a fait le plus grand honneur à l’auteur et à son livre ; qu’elle veuille me permettre de lut en exprimer ma très profonde reconnaissance.

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