VI. — BALADE
SF je ne sçay que c’est joie d’ami
Ne quelz biens est de merci la douçour, Si n’ay je pas pour ce mis en oubli Que je n’aimme de tres loyal amour Et que toudis ne serve sans sejour, A mon pooir, de cuer, de corps et d’ame, Au gré d'Amours et à l’onneur ma dame,
Comment que j'aie en desirant langui Moult longuement en tristece et en plour ; Dont j'ay perdu si le pouoir de my,
Que je n’ay mais maniere ne vigour.
Pour ce vueil bien morir de la dolour Qui par desir mon cuer d’amer enflame, Au gré d'Amours et à l’onneur ma dame.
Mais tost m’arient par franchise gari
Grace et Pité de toute ma langour,
S’ .j. ferme espoir avoie de merci
Dont je me truis plus loing de jour en jour.
Mais je n’en quier garison par nul tour,
Se ce n’est dont que je l’aie sans blasme, Au gré d’Amours et à l’onneur ma dame.
vous daingniez MR.
. se serve C.
. 1. par vois de plour F.
le paour de mi F.
. aroient de ma dolour gueri BJ.
s.: Se }.
. quier eschaper p. BC; n'en puis eschaper p. E.