‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 72 sur 353 · XXXIV. — BALADE · texte numérisé non relu

XXXIV. — BALADE

p°’" Dieu vous pri que de moy vous souveingne, Douce dame, car adès me souvient (fol. 48 v°.a) De vo fine beauté, que qu'il aveingne, À cui nulle biauté ne s’apartient ; s Et moult souvent en m’ardour, Par pensée, sens vo fine douçour.

Mais quant je voi que mes pensers foloie, C'est ma doulour et la fin de ma joie.

Car il n’est riens, qui à mal apparteingne, 10 Qui en mon cuer ne soit, quand il avient Que souvenirs me demonstre et enseingne Vostre douçour; si qu’adont me convient Aler seul en un destour Et regreter, par vois pleinne de plour, 15 Les tres dous biens que recevoir soloie :

C'est ma dolour et la fin de ma joie.

Dame, et comment que moult fort me destraingne Li souvenirs qui en mon cuer se tient, Ne pensés ja pour ce que je me feingne 20 D’amer, qu’en moy cil souvenirs soustient Loiauté et vraie amour Et fin desir de veoir vostre atour.

Mais quant ne puis faire que je le voie, C’est ma dolour et la fin de ma joie.

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