‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 73 sur 353 · XXXV. — BALADE · texte numérisé non relu

XXXV. — BALADE

SE je n’avoie plaisence

En ma dure maladie, Ja mais n’aroie puissance Dou souffrir ; je n’en doubt mie.

Car desirs la mouteplie

Toudis en ardour

De repairier vers la flour Qui seur toutes est prisie.

C’est celle qui ha puissance

De donner joieuse vie,

Mort crueuse ou aligence

À moy qui en sa baillie

Sui et seray, que qu'on die, Adès, nuit et jour,

Pour ce qu’en li meint douçour

Qui seur toutes est prisie.

Et se sa douce samblance

Et sa maniere jolie,

Où j'ay toute ma fiance,

Ne voy souvent, je li prie

Pour Dieu qu'elle ne m’oublie, Car toute m’amour

Li ay donné pour s’onnour,

Qui seur toutes est prisie.

Page 1