‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 94 sur 353 · L. — BALADE · texte numérisé non relu

L. — BALADE

1 me seroit grief chose à soustenir,

Se ma dame, qui tant est honnourée, Veoie en riens de s’onneur amenrir, Ou de son pris, pour estre renommée Qu'en pluseurs lieus fust mise sa pensée.

Pour ce li pri qu’elle n'ait c’un amy, Tant pour s’onneur, com pour la pais de mi.

Car ja si bien ne se saroit couvrir

Qu'elle n’en fust de mesdisans blasmée, S'en tant de pars voloit son cuer partir ; Car, ains c’on ait la chose pourpensée,

L'ont il ja dit par tout et revelée.

Or face dont qu'il soient tuit onny,

Tant pour s’onneur, com pour la pais de mi,

Fors que moy seul, qui tant l’aim et desir C'onques dame, ce croy, ne fu amée

Plus loyaument ne de plus vray desir.

Et quant je sui tous siens, sans dessevrée, Ne me doit pas s’amour estre veée

Pour nul autre, ne sa douce mercy,

Tant pour s’onneur, com pour la pais de mi.

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