‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-PétersbourgChapitre 119 sur 313 · XIX. 190. N'ara c. AC · texte numérisé non relu

XIX. 190. N'ara c. AC

(fol. 99 re.)

(fol. 99 r°.)

Maint tres fin loial amant Et font leur effort Par mauvais enort De mettre descort Entre bon acort.

Or me gart Diex de leur sort Faus, mauvais et decevant.

E' pour ce amoureusement Endurer Les maus d’amer Vueil sans desroy ; Et, certes, faire le doy Tres humblement, Qu’autrement Pas longuement Ne puis durer :

Car qui vuet honneur garder Et bonne foy Son anoy Sueffre en recoy, Celeement ;

N°" si ouvertement Souspirer Et dementer Sans nul arroy.

Je parole contre moy, Car vraiement, Le tourment, Que j'ay, souvent, Par desirer, Me fait tellement parler :

Vesci pour quoy Onques n'oy Mercy n’ottroy N’aligement.

O° vueil aler à confesse De ma fole hardi hardiesse, Repenteus et pleins d’umblesse, À Venus qui est deesse 235 Et souvereinne maistresse D’amours et de tous ses fais, Qui moy de blamer ne cesse Dou pechié de la rudesse Que j’ay fait par (Jo! 99 ve.) ma simplesse 240 Contre Amours ; si m’en confesse, Et Vesta dira la messe En pardon de mes meffais,

u: des nimphes est prestresse.

Si pri Venus qu'elle adresse 245 Mon cuer, s’il n’est en l'adresse D'amours, et que ma tristesse Mue en joie et en leesse, Et par ce sera refais :

Et qu'elle face largesse 250 Des biens d’amours sans promesse, Par franchise (Jol. 99 »°.) et par noblesse, Pour garir ce qui me blesse Et qui me tient en destresse :

Autrement je sui deffais.

255 O° en face son millour, ° Car, sans penser deshonnour, La serviray Et le gracieus corps gay Qu'aim et aour 260 De cuer, de corps, de vigour, Tant com vivray:

Ne mon cuer n'en partiray De son sejour.

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