XXI (1). — LE LAY DE LA ROSE
OUR vivre joliement, f à Nettement, joieusement os Et sans souscy Ne faut qu’espoir de mercy, s Tant seulement ; Et je l’ay si fermement Que j'en mercy Amours et ma dame aussi Tres humblement.
10 E l’ay si tres fermement Et si amoureusement Lonc temps nourri Tout en mi le cuer de my Que vraiement 15 Il me promet bonnement Et sens nul sy Que j'aray le nom d’amy Procheinnement.
S' ne puis nul mal avoir, Tant comme j'ay cest espoir (fol. ro1 r°.)
Qui me fait vivre et valoir,
Ne je n’ay pesence, Anoy, grieté ne souffrance ; Et se desirs trop s’avance, 25 Douce et jolie plaisance M'est, à dire voir.
XXI. 10. Ms. : tres manque. — tres liement C. 20. T. com j'. C.
(1) Formule mélodique : str. 1 — 2, 3 — 4 etc.
so
S me merveil, quant doloir Et complaindre main et soir
Voy maint amant et manoir En desesperence.
L'un muert d’amoureuse lance
Et l’autre ha toute grevance;
L'autre languist en doubtance De pis recevoir.
E dient ; mais le contraire
Tieng et croy ;
Car quant le plaisant viaire Simple et coy,
Le gent corps, le bel arroy
De ma dame debonaire
À loisir remir et voy, Par ma foy,
Riens n’est qui me puist desplaire Tant m'esjoy.
T s’il me convient retraire
Loing de soy,
Ja pour ce ne m'en faut traire Grief n’anoy,
Car Dous Pensers en recoy
De sa biauté l’exemplaire
Doucement me monstre au doy.
C'est pourquoy
Loing et près toudis repaire Joye en moy.
E' s’ay l'espoir de joir Et dous souvenir Sens partir, Car guerpir