‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-PétersbourgChapitre 207 sur 313 · XXXI. — BALADE · texte numérisé non relu

XXXI. — BALADE

E toutes flours n’avoit et de tous fruis

En mon (fol. 144 r°.b) vergier fors une seule rose : Gastés estois li surplus et destruis Par Fortune (fol. 144 r°. b) qui durement s’opose

s Contre ceste douce flour

Pour amatir sa coulour et s’odour.

Mais se cueillir la voy ou tresbuchier, Autre après li ja mais avoir ne quier. (fol. 144 v°. a)

Mais vraiement ymaginer ne puis 10 Que la vertus, où ma rose est enclose, Viengne par toy et par tes faus conduis, Ains est drois dons naturex; si suppose Que tu n’avras ja vigour D'amanrir son pris et sa valour.

15 Lay la moy donc, qu'ailleurs n’en mon vergier Autre après li ja mais avoir ne quier.

Hé ! Fortune, qui es gouffres et puis Pour engloutir tout homme qui croire ose, Ta fausse loy, où riens de bien ne truis 20 Ne de seür, trop est decevans chose ; * Ton ris, ta joie, t'onnour Ne sont que plour, tristece et deshonnour.

Se ti faus tour font ma rose sechier, Autre après li ja mais avoir ne quier.

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