‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-PétersbourgChapitre 290 sur 313 · XIII. — PENSEMENT DE CUER JOLI · texte numérisé non relu

XIII. — PENSEMENT DE CUER JOLI

GC: qu'ay pensé, voulez que je le die?

Je le diray, se g'y say assener.

Et tant sachiés que, quant je truis m’amie Et je la puis acoler et baisier S Et en baisant de son tres douls parler Me dit ; ,, amis, say ce qui te plaira”, Il n’est deduit qui vaille celui-là.

Car elle est jeune, gente, jouant et lie,

En tout honeur se soit bien ordener :

De lui ne vi au jour d’ui plus jolie

Ne qui si bien se deduise en amer.

Tout maintenant ne fait que commencier.

Et si say bien qu’elle mesmes dira :

, Il n’est deduit qui vaille celui là”.

A dire voir, onques jour de ma vie

N'en fu saoul : tant l’aim à regarder

Et tant me plaist estre en sa compaignie Que nullement n’en vouroie esloignier.

Toudiz vouroit soy esbatre et jouer

Du doux plaisir qu'Amours y ordena.

Il n’est deduit qui vaille celui là.

Page 1