SCÈNE 17 ARISTE, VALÈRE paré
On m'érite:
0 ciel I je suis perdu.
ARISTE
Réglez votre conduite Sur ce que je vous dis, et fiez-vous à moi Du soin de mettre fin au trouble où je vous voi. Soyez-en sûr ; j'ai fait demander à Géronte Un moment d'entretien, et c'est sur quoi je compte. Je vais de l'amitié joindre l'autorité Au ton de la franchise et de la vérité. Et nous éclaircirons ce qui nous embarasse.
VALÈRE
Mais il a par malheur, fort peu d'esprit.
ARISTE
De grâce, Le connaissez-vous f
VALÈRE
Non; mais je vois ce qu'il est:
D'ailleurs, ne juge-t-on que ceui que if'on connaît f
La conversation deviendrait fort stérile ;
J'en sais assez pour voir que c'est un imbéeile.
ARISTE
Vous retombez encore, après m 'avoir promis D'éloigner de votre air et de tous vos avis Cette méchanceté qui vous est étrangère Eh I pourquoi s'opposer à son bon caractère f Tenez, devant vos gens, je n'ai pu librement Vous parler de Cléon; il faut absomment Rompre...
Que je me donne un pareil ridicule f Bompre avec un ami I
ARISTE
Que vous êtes crédule I on entre dans fe monde, on en est enivré, Au plus IVivol.' accueil on se croit adoré; On prend pour des amis de simples connaissances El que de repentirs suivent ces imprudences I "!1 faut pour votre honneur que vous y renonciei. On vous juge d'abord par ceui que vous voyez : Ce préjugé s'étend sur votre vie entière ; Et c'est des premiers pas que dépend la carrière. Débuter par ne voir qu'un homme diffamé I
VALÈRE
3e vous réponds, monsieur, qu'il est très estimé; 11 a les ennemis que nous fait le mérite ; D'ailleurs on le consulte, on l'écoute, on le cite; A.UX spectacles surtout il laut voir le crédit De ses décisions, le poids de ce qu'il dit :