‹ PoésiesChapitre 14 sur 150 · SUR LA MORT DE LOUIS XV · texte numérisé non relu

SUR LA MORT DE LOUIS XV

A MM. LES OFFICIERS DU nÉGlMENT DU ROI

Pleurons, muscs, pleurons; que nos lyres gémissent, La France en deuil surconibe aux injures du sort; Que de cris ! Ciel ! partout nos lem|»les retentissent Des chants lugubres de lu mort.

Le gaerrier même apprend à répandre des larmes : Des couleurs de la nuit Mars a peint ses drapeaux ; Et la beau'ié plaintive aime à voiler ses charmes Du crêpe fait pour les tombeaux.

Louis n'est plus, hélas ! De sa grandeur prospère, Vrai sage, il est tombé sans connaître l'effroi; Mais ses tristes sujets le pleurent comme un père. Et semblent mourir dans leur roi.

0 des guerriers français élite rétérée. Que n'as-tu point souffert en ce commun malheur ! Perdant un maître, un chjf, ta douleur s'est montrée Aussi grande que ta valeur.

Parons ce monument que lui dresse ton zèle Des drapeaux qu'à ses yeux tu ravis à l'Anglais; Qu'il reconnaisse encor sa légion fidèle Du haut des célestes palais.

Qu'aux pieds de ce tombeau la France gémissante, Foulant les léopards terrasses par nos coups, Pleure, ainsi que la veuve, encore tendre amante , Sur le bûcher de son époux.

Mais les sons du clairon frappent au loin lofi nues, Et les roulements sourds des tambours résonnants Font errer à longs flots sur nos places émues Tous les citoyens frissonnants.

Quel vaste trouble ! Où vont ces enfants de la guerre,

Au bruit du bronze en feu grondant sur nos remparts; Tristes, portant leur fer tourné contre la terre, Et renversant leurs étendard:^?

Grand prince! ils vont payer à ta muette image Le tribut de regrets que l'on doit aux héros ; Est-il pour un grand cœur un plus flatteur hommage Que les larmes de ses rivaux?

Sors de ee mausolée où leur reconnaissance A peint de tes vertus les symboles touchants : Il a paru; guerriers, respectez sa présence, Bourbon va parler en mes chants :

a Mes mânes sont contents : soyez toujours vous-mêmes, De vos rois, de l'Etat défenseurs glorieux ; Vous occupiez mon cœur en ces moments suprêmes Où j'allais joindre mes aïeux.

« Mais un autre Louis vous rendra ma tendresse ; Relevez ces drapeaux, ces glaives renversés; Mon fils paraît ; Français, tressaillez d'allégresse, Vos plus grands rois sont surpassés.

a C'est peu de répanir l.îs malheurs de mon rogne ; Auguste aspire encore à des succès plus b;'aux : Son peuple l'aime : il faut que l'étranger lo craigne Comme roi du monde et des eaux.

a Déjà la mer gémit sous nos vaisseaux agiles; Alger tremble ; Louis combat avec son Dom ;

Et les princes vaincus jusqu'au fond de ses villes Viennent implorer leur pardon.

et Je vous entends mes fils; en ces combats insignes Vous jurez de briller entre tous nos guerriers; Vous saurez, de vos chefs et de vous toujours dignes, Cueillir les plus nobles lauriers. »

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