‹ PoésiesChapitre 25 sur 150 · LES INQUIÉTUDES DE L'AMOUR · texte numérisé non relu

LES INQUIÉTUDES DE L'AMOUR

Charmant ruisseau, c'est près de toi Que je viens respirer la fraîcheur du feuillage : Hélas! sais-tu pourquoi, 0 ruisseau, ton aspect me soulage?

J'étais assise sur tes bords, Lorsque Tircis... le barbare! il m'oublie, Mais il m'aimait alors!

Jura de m'adorer durant toute sa vie.

Oui, disait-il, ce ruisseau que tu vois Remontera plutôt aux lieux de sa naissance, Oui, plutôt que Tircis se dérobe à tes lois. 0 ruisseau! mon Tircis a manqué de constance, Et moi, tendre toujours, j'ai garde mon serment. Tu peux, oui, tu peux maintenant Remonter vers ta source.

Mais ton onde toujours fuit d'une égale course;

Infortunée! et cependant, Hélas! il est trop vrai, j'ai perdu mon amant; Et je brûle pour lui? je le regrette encore? Et rien ne peut calmer le feu qui me dévore? Peut-être une autre a su, mais moins belle que moi,

Le ranger sous sa loi; Peut-être, en cet instant, sa bouche lui répète Les serments qu'il me fit de m'aimer à jamais... Ruisseau ! si quelquefois cette nymphe inquiète,

SUVRBS DE GILBERT 5

Sar tes bords enchanteurs viens respirer le firais,

Dis-lui que le berger qui l'aime, Qae «e berger jura de m' adorer de même !

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