‹ PoésiesChapitre 49 sur 150 · A M. DU MAINE · texte numérisé non relu

A M. DU MAINE

Sur ses œuvres spirituelles.

Tu me ravis, du Maine, il faut que je l'avoue; Et tes sacrés discours me charment tellement. Que le monde aujourd'hui ne m'étant plus que boue, Je me liens profané d'en parler seulement.

Je renonce à l'amour, je quitte son empire, Et ne veux point d'excuse à mon impiété, Si la beauté des cieux n'est l'unique beauté Dont on m'orra jamais les merveilles écrire.

Caliste se plaindra de voir si peu durer

La forte passion qui me faisait jurer

Qu'elle aurait en mes vers une gloire éternelle :

Mais si mon jugoment n'est point hors de son lieu, Dois-je estimer l'ennui de me séparer d'elle jutant que le plaisir de me donner à Dieu?

A LA REINE MARIE DE MEDICIS

Pour M. de La Ceppède, premier président de la chambre des cor)vptes de Provence, au sujet de ses Théorèmes spirituels sur la vie et la passion de Notre Seigneur, etc.

J'estime La Ceppède, et l'honore, et l'admire, Comme un des ornements des premiers de nos jours : Mais qu'à sa plume seule on doive ce discours. Certes, sans le flatter, je n'oserais le dire.

L'esprit du Tout-Puissant, qui ses grâces inspire A celui qui sans feinte en attend le secours, Pour élever notre âme aux célestes amours Sur un si beau sujet l'a fait si bien écrire.

Reine, l'heur de la France et de tout l'univers, Qui voyez chaque jour tant d'hommages divers, Qu; présente la muse aux pieds do votre image;

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Bien que votre bonté leur soit propice à tous, Ou je n'y connais rien, ou, devant cet ouvrage, Vous n'en \1tes jamais qui fût digne de vous.

Epîtaphe de la femme de M. Puget, qui fut dans la suite évêque de Marseille.

^Le mari parle.)

Celle qu'avait Hymen à mon cœur attachée, Et qui fiit ici-bas ce que j'aimais le mieux, Allant changer la terre à de plus dignes lieux, Au marbre que tu vois sa dépouille a cachée.

Comme tombe une fleur que la bise a séchée, Ainsi fut abattu ce chef d'œuvre des cieux; Et, depuis le trépas qui lui ferma les yeux. L'eau que versent les miens n'est jamais étanchée.

Ni prières ni vœux ne m'y purent servir; La rigueur de la mort se voulut assouvir, Et mon affection n'en put avoir dispense.

Toi dont la piété vient sa tombe honorer, Pleure mon infortune; et, pour ta récompense, Jamais autre douleur ne te fasse pleurer!

Epigramme au nom de M. Puget. pour servir de dédicace à Vépitaphe précédente.

Belle âme qui fus mon flambleau.

Reçois l'honneur qu'en ce tombeau Je suis obligé de te rendre.

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Ce que je fais te sert de peu, Mais au moins tu vois en la cendre Comme j'en conserve le feu.

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