A MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLEANS
Muses, quand finira cette longue remise De contenter Gaston et d'écrire de lui? Le soin que vous avez de la gloire d'autrui Peut-il mieux s'employer qu'à si belle entreprise?
En ce malheureux siècle oii chacun vous méprise. Et quiconque vous sert n'en a que de l'ennui,
Misérable nenvaine, où sera votre appui,
S'il ne vous tend les mains et ne vous favorise?
Je crois bien que la peur d'oser plus qu'il ne faut,
Et les difficultés d'un ouvrage si haut.
Vous ôtent le désir que sa vertu vous donne :
Mais tant de beaux objets tous les jours s'augmentants, Puisqu'en âge si bas leur nombre vous étonn.% Comme y foumirez-vous quand il aura vingt ans?
AU ROI LOUIS XIII
Après la guerre de 1 62 1 et 1 622 contre les huguenots
Muses, je sais confus; mon devoir me convie A louer de mon roi les rares qualités; Mais le mauvais destin qu'ont les témérités Fait peur à ma faiblesse^ et m'en ôte l'envie.
A quel front orgueilleux n'a l'audace ravie Le nombre des lauriers qu'il a déjà plantés? Et ce que sa valeur a fait en deux étés Alcide l'eûi-il fait en deux siècles de vie?
Il arrivait à peine à l'âge de vingt ans. Quand sa juste colère assaillant nos Titans Nous donna de nos maux l'heureuse délivrance.
Certes, ou ce miracle a mes sens éblouis,
Ou Mars s'est mis lui-même au trône de la France,
Et s'eit fait notre roi sous le nom de Louis.