‹ PoésiesChapitre 52 sur 150 · A M. LE CARDINAL DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

A M. LE CARDINAL DE RICHELIEU

A ce coup nos frayeurs n'auront plus de raison, Grande âme aux grands travaux sans repos adonnée . Puisque par vos conseils la France est gouvernée Tout ce qui la travaille aura sa guérison.

Tel que fut rajeuni le vieil âge d'Eson, Telle cette princesse eii vos mains résignée Vaincra de ses destins la rigueur obstinée, Et reprendra le teint de sa verte saison.

Le bon sens de mon roi m'a toujours fait prédire Que les fruits de la paix combleraient son empire, Et comme un demi-dieu le feraient adorer :

Mais, voyant que le vôtre aujourd'hui le seconde, Je ne lui promets pas ce qu'il doit espérer. Si je ne lui promets la conquête du monde.

AU ROI LOUIS XIII

Qu'avec une valeur à nulle autre seconde,

Et qui seule est fatale à notre guérison,

Votre courage, mùr en sa verte saison,

Nous ait acquis la paix sur la terre et sur l'onde;

Que l'hydre de la France, en révoltes féconde. Par vous soit du tout morte ou n'ait plus de poison Certes c'est un bonheur dont la juste raison Promet à votre front la couronne du monde.

Mais qu'en de si beaux faits vous m'ayez pour témoin, Connaissez-le, mon Roi, c'est le comble du soin Que de vous obliger ont eu les destinées.

Tous vous savent louer, mais non également : Les ouvrages communs vivent quelques années ; Ce que Malherbe écrit dure étemollement.

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