EPIGRAMMES
Sur ce que la statue érigée en V honneur de la Pucelle, sur le pont de la ville d'Orléans, était sans inscription. (1613.)
Passants, vous trouvez à redire Qu'on ne voit ici rien gravé De l'acte le plus relevé Que jamais l'histoire ait fait lire.
La raison qui vous doit suffire, C'est qu'en un miracle si haut Il est meilleur de ne rien dire Que ne dire pas ce qu'il faut.
Pour mettre au-devant des Heures de la vicomtesse d'Auchy. (1614.)
Tant que vous serez sans amour, Caliste, priez nuit et jour, Vous n'aurez point miséricorde.
Ce n'est pas que Dieu ne soit doux; Mais pensez-vous qu'il vous accorde Ce qu'on ne peut avoir de vous?
Sur le même sujet. (1614.)
Prier Dieu qu'il vous soit propice Tant que vous me tourmenterez, C'est le prier d'une injustice :
Faites-moi grâce, et vous l'aurez
Pour mettre au-devant des p->ëmes divers du sieur de Lortigues, Provençal. (1617.)
Vous don! les censures s'étendent
Dessus les ouvrages de tous, Ce livre se moque de vous :
Mars et les Muses le défendent.
Sur une image de sainte Catherine. (1619.)
L'art, aussi bien que la nature.
Eût fait plaindre cette peinture ;
Mais il a voulu figurer
Qu'aux tourments dont la cause est belle
La gloire d'une âme fidèle
Est de souffrir sans murmurer.
Imitée de la quarantième du sixième livre de Martial. (1619.)
Jeanne, tandis que tu fus belle, Tu le fus sans comparaison; Anne à cette heure est de saison, Et ne vois rien si beau comme elle.
Je sais que les ans lui mettront Comme à toi les rides au front, Et feront à sa tresse blonde Même outrage qu'à tes cheveux.
Mais voilà comme va le monde :
Je te voulus, et je la veux.
Pour le livre intitulé : le Pourtraict de l'Eloquence françoise, de Jean du Pré. (1620.)
Tu faux, du Pré, de nous pourtraire
Ce que l'éloquence a d'appas ;
Quel bcsom as-tu de le faire?
Qui te voit ne la voit-il pas? J