ÉPIGRAMMES
Pour servir d'épitaphe à un grand. (1621.)
Cet Absynthe au nez de barbet En ce tombeau fait sa demeure.
Chacun en rit; et moi j'en pleure; Je le voulais voir au gibet.
Tu dis, Colin, de tous côtés Que mes vers, à les ouïr lire, Te font venir des crudités.
Et penses qu'on en doive rire.
Cocu de long et de travers.
Sot au-dela de toutes bornes, Comment te plains-tu de mes vers.
Toi qui souffres si bien les cornes?
A M. COLLETET Sur la mort de sa sœur.
En vain, mon Colletet, tu conjures la Parque De repasser ta sœur dans la fatale barque; Elle ne rend jamais un trésor qu'elle a pris. Ce que l'on dit d'Orphée est bien peu véritable. Son chant n'a point force l'empire des esprits. Puisqu'on sait que l'arrêt en est iiTévocable. Certes, si les beaux vers faisaient ce bel effet, Tu ferais mieux que lui ce qu'on dit qu'il a fait.