ACTE I, SCÈXE III
LISETTE
Fort bien.
GÉROXTE.
Toujours plaider m'ennuie et me ruine t Des terres du futur celte terre est voisine ; Et, confondant nos droits, je finis des procès Qm, sans cette union, ne finiraient jamais.
LISETTE
Rien n'est plus convenable.
GÉR05TE
Et puis d'ailleurs ma nièce Ne me dédira point, je crois, de ma promesse, Ni Valère non plus. Avant nos différends. Ils se voyaient beaucoup, n'étant encore qu'enfants : Ils s'aimaient; et souvent cet instinct de l'enfance Devient un sentiment quand la raison commence. Depuis près de six ans qu'il demeure à Paris, fis ne se sont pas vus : mais je serais surpris Si, par ses agréments et son bon caractère, Chloé ne retrouvait tout le goût de Valère.
LISETTE
Cela n'est pas douteux.
GÉROXTE.
Encore une raison Pour finir : j'aime fort ma terre, ma maison; Leur embellissement fit toujours mon étude. On n'est pas immortel : j'ai quelque inquiétude Sur ce qu'après ma mort tout ceci deviendra ; Je voudrais mettre au fait celui qui me suivra,
Lui laisser mes projets. J 'ai vu naître Valère ' J'aurai, pour ie former, ,^' autorite d'un père.
LISETTE
Bien de mieux; mais...
GÉRONTE
Quoi, mais? J'aime qu'on parie net.
LISETTE
Tout cela serait beau ; mais cela n'est pas fait
GÉROXTE.
Hé 1 pourquoi donc ?
LISETTE
Pourquoi? Pour une bagataUs QtJ fera tout manquer. Madame y consent-ella? Si j'ai bien entendu, ce n'est pas son afis.
6ÉR0NTE.
Qu'importe ? ses conseils ne seront pas suiTi».
LISETTE
Ah rvôus êtes bien fort, mais c'est loin de Floride. Au fond, elle vous mène en vous semblant soumise. Et, par malheur pour vous et toute la maison, Elle n'a pour conseil que ce monsieur Cléon Un mauvais cœur, un traître, enfin un homme horrible, Elpour qui votre goût m'est incompréhensible.
GÉRONTE
Ah I te voilà toujours I On ne sait pas pourquoi II te déplaît si fort.