ACTE I, SCÈNE
Parce que je suis sûr de sa décision.
Mais quoi qu'on puisse dire, il faut ce mariage;
D n'est point pour Ghloé d'arrangement plus sage :
Feu ,«on père, on le sait, a mangé tout son bien;
Le vôtre est médiocre, elle n'a que le mien :
Et quand je donne tout, c'est bien la moindre chose
Qu'on daigne se prêter à ce que je propose.
(D sort.)
FLORISE
Qa'un sot est difficile à vivre l
SCÈNÏ 7 FLORISE, LISETTE.
FLORISE
Hé bien I Cléon Parattra-t-il bientôt?
LISETTE
Mais oui, si ce n'est non.
FLORISE
Comment doncf
LISETTE
Mais, madame, au ton dont il s'eiplique, A son air, oii l'on voit dans un rire ironique L'estime de lui-même et le mépris d'autrui, Comment peut-on savoir ce qu'on tient avec lui? Jamais ce qu'il vous dit n'est ce qu'il veut vous dire. Pour moi, j'aime les gens dont l'âme peut se lire, Qui disent bonnement oui pour oui, non pour non.
FLORISE
Autant que je puis voir, vous n'aimez pas Cléon.
Madame, je serai peut-être trop sincère : Mais il a pleinement le don de me déplaire. On lui «Toit de l'esprit, tous dites qu'il en a. Moi, je ne voudrais point de tout cet esprit-là, !)uand il serait pour rien. Je n'y vois, je vous jure, Ju'un style qui n'est pas celui de la droiture ; Et sous cet air capable, où l'on ne comprend rien. S'il cache un honnête homme, il le cache très bien.
FLORISE
Tous vos raisonnements ne valent pas la peine Que j'y réponde; mais, pour calmer cette haine, Disposez pour Paris tout votre arrangement. Vous y suivrez Ghloé, je l'envoie au couvent. Dites-lui d<i ma part...
LISETTE
Voici mademoiselle.
Vous-même, apprenez-lui cette belle nouvelle.
FLORISE, à Ghloé, qui lui baise la main. Vous êtes aujourd'hui coiffée à faire horreur f
(Elle sort.)