ACTE II, SCÈNE lU 6S
D faudra, ce me semble, un peu de signature De votre part : ainsi tout dépendra de tous : Refusez de signer, grondez, et boudez-nous ; Car, pour me conserver toute sa confiance, Je serai contre vous moi-même en sa présence, Et je me fâcherais s'il en était besoin ; Mais nous l'emporterons sans prendre tout ce soin. 11 m'est venu d'ailleurs une assez bonne idée, Et dont, faute de mieux, vous pouvez être aidée... . Mais non ; car ce serait un moyen un peut fort : J'aime trop à vous voir vivre de bon accord.
FLORISE
Oh I vous me le direz. Quel scrupule est le vôtre I Quoi I ne pensons-nous pas tout haut l'un devant l'autre ? Vous savez que mon goût tient plus à vous qu'à lui, Et que vos seuls conseils sont ma règle aujourd'hui : Vous êtes honnête homme, et je n'ai point à craindre Que vous proposiez rien dont je puisse me plaindre- Ainsi, confiez-moi tout ce qui peut servir A. combattre Géronte, ainsi qu'à nous unir.
CLÉON
Au fond je n'y vois pas de quoi faire un mystère... Et c'est ce que de vous mérite votre frère. Vous m'avez dit, je crois, que jamais sur les bieni On n'avait éclairci ni vos droits ni les siens, Et que, vous assurant d'avoir son héritage, Vous aviez au hasard réglé votre partage . Vous wvez à quel point il déteste un procè», El qu'il donne Chloé pour aclieler la paii : Cela fait contre lui la plus belle matière.
Des biens à répéter, des partages à faire ?
Yous Yoyez que Toilà de quoi le mettre aHi charapt
Eq lui faisant prévoir un procès de dix ans.
S'il va donc s'obstiner, malgré vos répugnances,
A l'établissement qui rompt nos espérances,
Partons d'ici, plaidez: une assignation
Détruira le projet de la donation.
Il ne peut pas souffrir d'être seul ; vous partie,
On ne me verra point lui tenir compagnie :
Et quant à tos procès, on vous les gagnerez,
Ou vous plaiderez tant que vous l'acheTerez.
FLORISE
Contre les préjugés dont votre âme est exempte,
La mienne, par malheur, n'est pas aussi puissante s
Et je vous avoûrai mon imbécillité :
Je n'irai pas sans peine à cette extrémité
n m'a toujours aimée, et j'aimais à lui plaire :
Et, soit cette habitude ou quelque autre chimère,
Je ne puis me résoudre à le désespérer.
Mais votre idée au moins sur lui peut opérer :
Dites-lui qu'avec vous, paraissant fort aigrie,
J"ai parlé de procès, de biens de brouiierie,
De départ, et qu'enfin, s'il me poussait à bout.
Vous avez entrevu que je suis prête à tout.
S'il s'obstine pourtant, quoi qu'on lui puisse dire...
On pourrait consulter pour le faire interdire.
Ne le laisser jouir que d'une pension.
Mon procureur fera cette expédition :
C'est un homme admirable et qui, par son adresse,