‹ PoésiesChapitre 94 sur 150 · CLÉO.V · texte numérisé non relu

CLÉO.V

Il faut que vous alliez retrouver votre chaise t

Dans l'instant que Géronte ici sera rentré

( Car c'est lui qu'il nous faut ), je vous le manderai ;

Et vous arriverez par la route ordinaire,

Comme ayant prétendu nous surpendre et nous plaire,

VALÈRE

Comment concilier son air impatient.

Cette galanterie avec mon conj^tUment t

C'est se moquer de l'oncle, et c'est me contredire { Toute mon ambassade est réduite à lui dire Que je serai (soit dit dans le plus simple ayeu) Toujours soQ serviteur, et jamais son neyeu.

CLÉOX.

£t voilà justement ce qu'il ne faut pas faire;

Ce ton d'autorité choquerait votre mère :

D faut dans vos propos paraître consentir.

Et tâcher, d'autre part, de n'y point réussir.

Écoutez : conservons toutes les vraisemblances ;

On ne doit se lâcher sur les impertinences

Que selon le besoin, selon l'esprit des gens;

Il faut pour les mener les prendre dans leur sens :

L'important est d'abord que l'oncle vous déteste;

Si vous y parvenez, je vous réponds du reste.

Or, notre oncle est un sot qui croit avoir reçu

Toute sa part d'esprit en bon sens prétendu;

De tout usage antique amateur idolâtre,

De toutes nouveautés frondeur opiniâtre;

Homme d'un autre siècle, et ne suivant en tout

Pour ton qu'un vieil honneur, pour loi que le vieux goûJ;

Cerveau des plus bornés, qui, tenant pour maxime

Qu'un seigneur de paroisse est un être sublime,

Vous entretient sans cesse avec stupidité **-*

De son banc, de ses soins et de sa dignité :

On n'imagine pas combien il se respecte;

Ivre de son château, dont il est l'architecte,

De tout ce qu'il a fait sottement entêté,

Possédé du démon de la propriété,

Il réglera pour vous son penchant ou sa baiat

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