‹ PoésiesChapitre 24 sur 89 · LA PRIÈRE PERDUE · texte numérisé non relu

LA PRIÈRE PERDUE

Inexplicable cœur, énigme de toi-même, Tyran de ma raison , de la vertu que j'aime ,. Ennemi du repos , amant de la douleur , Que tu me fais de mal , inexplicable cœur !

Si l'horizon plus clair me permet de sourire ,..

De mon sort désarmé tu trompes le dessein ;

Dans ma sécurité tu ne vois qu'un délire ;

D'une vague frayeur tu soulèves mon sein.

Si de tes noirs soupçons l'amertume m'oppresse ,

Si je veux par là fuite apaiser ton effroi ,

Tu demandes du temps , quelques jours , rien ne presse ;

J'hésite, tu gémis, je cède malgré moi.

Que je crains , ô mon cœur , ce tyrannique empire ?

Que d'ennuis , que de pleurs il m'a déjà coûté !

Rappelle-toi ce temps de liberté , Ce bien perdu dont ma fierté soupire.

Tu me trahis sans cesse, et tu me fais pitié. Crois-moi , rends à l'amour un sentiment trop tendre ;

Pour ton repos , si tu voulais m'entendre , Tu n'en "aurais encor que trop de la moitié!

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Non , dis-tu , non , jamais ! Trop faible esclaye, écoute , Écoute ! et ma raison te pardonne et t'absout : Rends-lui du moins les pleurs ! Tu vas céder sans doute ? Hélas ! non ! toujours non ! O mon cœur ? prends donc tout.

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