‹ PoésiesChapitre 27 sur 89 · LES LETTRES · texte numérisé non relu

LES LETTRES

Hélas ! qtfe Voulez-vous de moi.

Lettres d'amour, plaintes mystérieuses?

Vous dont j'ai repoussé long-temps avec effroi

Les prières silencieuses.

Vous m'appelez... je rêve , et je cherche , en tremblant , Sur mon cœur, une clef qui jamais* ne s'égare : D'un éclair l'intervalle à présent nous sépare ;

Mais cet intervalle est brûlant!

Je n'ose respirer ! triste sans amertume ,

Au passé , majgré moi , je me sens réunir :

Las d'oppresser mon sein, l'ennui qui. me consume

Va m'attendre dans l'avenir.

Je cède , prends sa place , ô délirante joie ! Laisse fuir la douleur , cache-moi l'horizon :

Elle t'abandonne sa proie ,

Je t'abandonne ma raison !

Oui , du bonheur vers moi l'ombre se précipite : De ce pupitre ouvert l'Amour s'échappe encor.

Où va mon âme?.... elle me quitte; Plus prompte que ma vue , elle atteint son trésor ! Il est là!.... toujours là, sous vos feuilles chéries,

Frêles garans d'une éternelle ardeur] Unique enchantement des' tristes rêveries Où m'égare mon cœur !

De sa pensée échos fidèles ,

De ses vœux discrets monumens , L'Amour, qui l'inspirait, a dépouillé ses ailes

Pour tracer vos tendres sermens.

Soulagement d'un cœur , et délices de l'autre , Ingénieux Tangage et muet entretien !

L'empire de l'absence est détruit par le vôtre; Je vous lis , mon regard est fixé sur le sien ! Ne renfermez-vous pas la promesse adorée Qu'il n'aimera que moi.... qu'il aimera toujours?

Cette fleur qu'il a respirée ,

Ce ruban qu'il porta deux jours

Comme la volupté, que j'ai connue à peine, La fleur exhale encore un parfum ravissant ;

N'est-ce pas sa brûlante haleine?

N'est-ce pas de son âme un souffle caressant ? Du ruban qu'il m'offrit que la couleur est belle !

Le ciel n'a pas un bleu plus pur ;

Non . des cieux le voile d'azur

Ne me charmerait pas comme elle !

Qu'ai-je lu?.... Le voilà son éternel adieu; Je touchais au bonheur , il m'en a repoussée ;

■ "i u *mp*mmm

En appelant l'espoir , ma langue s'est glacée ; Et ma froide compagne est rentrée en ce lieu ! constante doulenr! sombre comme la haine,

Vous voilà de retour!

Prenez votre victime , et rendez-lui sa chaîne ; Moi, je vous rends un cœur eneor tremblant d'amour!

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