‹ PoésiesChapitre 26 sur 89 · LE RUBAN · texte numérisé non relu

LE RUBAN

1>ette couleur y autrefois adorée, Ne doit plus être ma couleur ; Elle blesse mes yeux , elle attriste mon cœur, En retraçant l'espoir qui m'avait égarée.

Pour un objet plus frivole que moi , Reprenez ce lien qui n'a rien de durable ; Celui qui m'enchaîna long-temps sous votre loi

Ne me parut que trop aimable !

Il est brisé par vous , et brisé sans retour ; Faut-il en rappeler le souvenir pénible !

Oubliez que je fus sensible , Je l'oublîrai peut-être un jour!

Je pardonne à votre inconstance

Les maux qu'elle m'a fait souffrir ;

Lenr excès m'en a su guérir :

C'est à votre abandon que je dois l'existence. J'ai repris le serment d'être à vous pour toujours ; Mais mon âme un instant fut unie à la vôtre ;

Et, je le sens, jamais un autre N'aura mes vœux , ne fera mes beaux jours .

Ces jours consacrés à tous plaire,

Ces vœux , si tendres et si doux ,

Et toujours inspirés par vous ,

Désormais qu'en pourrai-je faire?

Aime-t-on dès qu'on veut aimer?

Si je trouve un amant plus fidèle et plus tendre ,

Mieux que vous il saura m'en tendre; Mais comme vous saura-t-il me charmer?

Pourquoi feignez-vous de le croire?

Vous offensez l'ampur , en accusant mon cœur ;

Ah ! cet amour eût fait ma gloire ,

S'il avait fait votre bonheur !

Votre bonheur , hélas ! sera d'être volage ; Vous séduirez encor dès qu'on tous entendra; Vous ferez le tourment de qui tous aim# ra ; Et de tous , en fuyant , j'ai gardé cette image :

« Aussi léger que prompt à s'enflammer , » De l'amour , en riant , il inspire l'ivresse ;

• Mais pourquoi, quand son amour cesse,

* Ne cesse-t-on pas de l'aimer ! a

7 a , ÉLÉGIES.

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