LE PARDON
J e me meurs , je succombe au destin qui m'accable ; De ce dernier moment veux-tu charmer l'horreur , Viens encore une fois presser ta main coupable
Sur mon cœur.
Quand il aura cessé de brûler et d'attendre , Tu ne sentiras pas de remords superflus ; Mais tu diras : Ce cœur , qui pour moi fut si tendre , N'aime plus !
Vois l'Amour qui s'enfuit de mon âme blessée : Contemple ton ouvrage et ne sens nul effroi.
La mort est dans mon sein , pourtant je suis glacée Moins que toi.
Prends ce cœur, prends ton bien. L'amante qui t'adore N'eut jamais à t'ofîrir , hélas ! un autre don ; Mais en le déchirant , tu peux y lire encore Ton pardon.
ROMANCES. i5 7