‹ Poésies. Nouv. éd. augm. et précédé d'une noticeChapitre 102 sur 108 · V. IIcco · texte numérisé non relu

V. IIcco

Couchez-vous, petit Paul! il pleut. C'est nuit, c'est l'heure, Les loups sont au rempart, le chien vient d'aboyer. La cloche a dit : « Dormez ! » et l'ange gardien pleine Quand les enfants si tard font du bruit au foyer.

« Je ne veux pas toujours aller dormir, et j'aime A faire étinceler mon sabre au feu du soir. Et je tuerai les loups ! je les tuerai moi-même ! )> Et le petit méchant, tout nu ! vint se rasseoir.

Où sommes-nous, mon Dieu ! donnez-nous patience; Et surtout soyez Dieu! soyez lent à punir! L'àme qui vient d'éclore a si peu de science ! Attendez sa raison, mon Dieu! dans l'avenir.

L'oiseau (pii brise l'œuf est moins près de la terre;

Il vous obéit mieux : [tu coucher du soleil,

Un par un descendus dans l'arbre solitaire,

Sous le rideau tpii tremble ils plongent leur sommeil

Au colombier fermé nul pigeon ne roucoule; Sous le cygne endormi l'eau du lac bleu s'écoule; Paul! trois fois la couveuse a compté ses enfants; Son aile les enferme; et moi, je vous défends !

La luiiG qui s'euiiiit, toute pâle et fâchée, Dit : « Quel est cet enfant qui ne doit pas cncor? )> Sous son lit de nuage elle est déjà couchée; Au fond d'un cercle noir la voilà qui s'endoit.

Le petit mendiant, perdu seul à cetle heure, Rodant av c ses pieds las et froids, doux martyr! Dans la rue i olée oii sa misère pleui e, Mon Dieu ! qu'il aimerait un lit pour s'y blottir!

Et Paul, qui regardait encor sa belle épée, Se coucha doucement en pliant ses habits; Et sa mère bientôt ne fut plus occupée Qu'à baiser se> yeux clos pai* un ange assoupis !

L'OREILLER l)U?sE PETITE FILLE

Aux petits des oiseaux il donne la pàliirc. Et sa l)onlé s'étend sur toute la naliiie.

Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête, Plein de plume choisie, et blanc! et fait pour moi ! Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête, Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi!

Beaucoup, beaucoup d'enfants pauvres et nus, sans mer Sans maison, n'ont jamais d'oreiller pour dormir;

r)Oi POESIES.

Ils ont toujours sorami'il. 0 destinée amère!

Maman! douce maman! cela me fait i'émir.

VX (juand j'ai piic Dieu pour tous ces petits anges Qui n'ont pas d'oreiller, moi, j'embrasse le mien. Seule, dans mon doux nid qu'à tes pieds tu m'arranges, Je te Ijénis, ma mère, et je touche le tien !

Je ne m'éveillerai qu'à la lueur première De l'aube; au rideau bleu c'est si gai de la voir! Je vais dire tout bas ma plus tendre prièi e : Donne encore un baiser, douce maman ! Bonsoir!

PPvIERE

Dieu des enfants! le cœur d'une petite fille. Plein de prière (écoute!), est ici sous mes mains; On me paile toujours d'or])helins sans famille : Dans l'avenir, mon Dieu, ne fais plus d'orphelins!

Laisse descendre au soir un ange (pii paidonne. Pour répondre à des voix que l'on entend gémir. Mets, sous l'enfant perdu ([ue la mère abandonne, Un petit oreiller qui le fera dormir !

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