‹ Poésies. Nouv. éd. augm. et précédé d'une noticeChapitre 13 sur 108 · LA FONTAINE · texte numérisé non relu

LA FONTAINE

Et moi, j(^ n'aime plus la fontaine d'eau vive, Dont la molle Iraîclieur maltirait vers le soir; El comme l'autre été, dormeuse, sur sa rive, Je ne vais plus m'asseoir.

Dans les saules émus passe-t-elle affaiblie? Je fuis vers le sentier qui ramène au bameau, Sans oser regarder si du plus jeune ormeau Elle baigne l'écorce et le nom que j'oublie ! Que son cristal uiouvant épuie les zéphyrs, ()no h Heur soit contente en s'y voyant éclore. Ou' un front riant s'admire en son eau qu'il colore, l/eau ne roulera plus au bruit de mes sonpiis.

Je l'aimais l'autre été, j'aimais tout! Simple et tendre Je ooyais tout sincère à l'égal de mon cœur : Eh bien, comme une voix que j'y venais entendre, A présent tout me semble infidèle et moqueur.

Cette murmurante fontaine.

Appelant un secret qu'elle ne comprend pas.

Semblait nie deiiiander ma peine, Et son charme égarait mes pas.

Elle est doucL' à l'oreille : oh ! c'est qu'elle est ilalteuse. Une image nouvelle y glisse tous les Jours,. Elle parle... elle est libre... hélas! elle est heureuse; Mais libre, elle est ingrate et s'échappe toujours.

Et moi, je n'aime }tlus la fontaine d'eau vive, Dont la molle fraîcheur m'atliiait vers le soir: Et comme l'autie été, rêveuse, sur sa rive. Je ne vais plus m'asseoir.

UNE JEUNE FILLE ET SA MÈllE

l.A JEUiXE FILLE.

Ce jour si beau, ma mère, était-ce un joui' de fête?

LA MÈItE.

Quel jour? dors-luV d'où vient que lu n'achèves pas?

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