‹ Poésies. Nouv. éd. augm. et précédé d'une noticeChapitre 20 sur 108 · A DÉLIE · texte numérisé non relu

A DÉLIE

Oui ! cette plainte échappe cà ma douleur : Je le sens, vous m'avez perdue.

Vous avez, malgré moi, disposé de mon cœur Et du vôtre jamais je ne fus entendue.

Ah! que vous me faites haïr Cette feinte amitié qui coùto tant de hirmes!

r,i POKSIKS.

J:' iTiHiiis point jnloiiso de vos clniinics, (Iniollf! (le ([iioi donc vouliez-voiis iiiejnmii?

Vos succès me rondaienl honreiise:

Votre bonlieur brillait dans mon tlicmin; Fi (piMiid j(> vous voyais attiistéc ou rêveuse, Pour vous distraire encor j'oubliais mon cbagrin. Mais eu perfide amant dont j'évitais l'empire, One vous avez instruit dans l'art de me séduiie, Qui trompa ma raison par des accents si doux,

Je le hais encor plus que vous, l'ai' (pielle cruauté me l'avoir fait connaître? Par quel affreux oriiueil voulut-il me charmer?

Ah! si l'ingrat ne peut aimer,

A quoi sort l'amoui' qu'il fait naître?

Je l'ai prévu, j'ai voulu fuir; L'Amour jamais n'eût (1(î moi que des larmes :

Vous avez ri de mes alarmes, Kl vous riez encor (piand je me sens mourir!

(hàce à vous, j'ai perdu le repos de ma vie : Votre imprudence a causé mon mallicui., Et vous m'avez ravi jusipies à la douceui' De pleurer avec mon amie !

Laissez-moi seule avec mon désespoii-, Vous ne pouvez me }ilaindre ni m'entcndre ; Vous causez la douleur sans même la comprendre A «pioi me servirait de vous la laisser voir? Victime de mon cœur, [>ar vous-mènh' lialne. J'abhorre l'amitié, je la fuis sans retour, Kt je vois, à sa ]ieifidi(!, One l'ineralc est sreur de l'Amour '

KM-GIKS. rS

LK SOiVKMIi

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