‹ Poésies. Nouv. éd. augm. et précédé d'une noticeChapitre 35 sur 108 · AU SOMMEIL · texte numérisé non relu

AU SOMMEIL

Iniagcn esiiaiitosa de la mucilc, Sueno cruel, no turbes mas mi pccho Argensola.

Iniagu lie la mort, lUVoi du tcmlre aiiioui ., Sommeil, emporte au loin ce songe épouvantable : La mort est dans l'adieu d'un ami véiitable : Ah ! ne m'avertis pas que l'on se quitte un jour I

Dans ton vol escorté de l'antùmes livides, Va rendre, s'il se peut, la mémoire aux ingrats: Passe comme un miroir devant ces cœurs arides, Et sous leurs traits hideux va Icui" tendre les biasi

Que l'avaie, étendu dans son étroite couche, l^ève une fausse ciel" près d'atteindre son or; Qu'il crie, et que sa voix meure au l'ond de sa bouche Et tpi'un bras invisible enlr'ouvre son trésor!

Qu'il entende compter ses richesses cachées; Que la lampe expirante y jette sa lueur; Paralyse ses mains sur lui-même attachées^ Et (ju'il trendjle, inondé d'niie iioide sueur!

Va tionipcr des tyrans les pâles sentinelles, Fais circuler la crainte autour de leuis rideaux ; Dissipe les grandeurs qu'ils croyaient éternelles, Et de pavots sanglants épaissis leurs bandeaux !

Force de ce palais l'enceinte inaccessible;

(Ise annoncer la mort au cœm" d'un mauvais loi ;

Oidonne à ce cœur insensible

D'être au moins sensible à rei'iioi!

Montre-lui la vengeance implacable, dans l'ombie, Sous les traits d'un esclave armé de tous ses fers; Montie-lui le poignard, au feu mourant et sombre Des yeux (ju'il fit pleurer : c'est le feu des enfeis.

Que le beifroi s'ébranle, et tinte à son oreilie La lureur ))opulaire et son nom détiôné; Que sa poi te d'airain en tondjant le réveille. Et <[u'il ne puisse iuir, par la peur enchaîné !

Mais laisse à l'amour pur des songes sans alarmes, Laisse au temps à dissoudre un nœud si doux, si !brtl Malliemeux, ({uand l'amour daigne enchanter nos larmes. On ne veut plus croire à la moi t !

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