‹ Poésies. Nouv. éd. augm. et précédé d'une noticeChapitre 41 sur 108 · LA VALLÉE DE LA SCARPE · texte numérisé non relu

LA VALLÉE DE LA SCARPE

Mon beau pays, mon frais berceau.

Air pur de ma verte contrée.

Lieux 011 mon enfance ignorée Coulait comme un humble ruisseau :

S'il me reste des .jours, m'en irai-je, attendrie,

Errer sur vos chomins (|ui jettont tant de fleurs;

Replonger tous mes ans dans une rêverie

Où l'àme n'entend plus que ce seul mot: « Patrie! »

Et ne répond que par des pleurs?

Ciel !... un peu de ma vie ira-t-elle, paisible, Se perdre sur la Scarpe au cristal argenté? Cette eau qui m'a portée, innocente et sensible, Frémira-t-elle un jour sous mon sort agité? Entendrai-je au rivage oncor cotte barmonie, Ce bruit de l'univers, cette voi>: infinicv, Qui parlait sur ma tête et chantait à la fois, (domine un peuple lointain lépondant à ma voix !

Quand le dernier rayon d'un jour (pii va s'éteindre Colore Veau qui tremble et qui ])orte au sommeil, 0 mon premier miroir! o mon pins doux soleil ! Je vous vois... et jamais je ne peux vous atteindre! Mais cette heure était belle, et belle sa couleuj- : Dans son doux souvenii" un moment reposée, Elle passe à mon âme ainsi que la rosée

Passe au fond d'une fleur.

D'un repentir qui dort elle suspend la cliaîne; Pour la goûter en paix le temps se meut à peine; Non, ce n'est pas la nuit, non, ce n'est pas le jour; C'est une douce fée, et je la nomme : « Amour! " C'est l'heure où l'âme, en vain détrompée et flétrie, Piappefle en gémissant l'âme qu'elle a chérie. ()h! (pli n'a souhaité redevenir enfant, Dans le fond de mon cœur que je le suis souvent ! Mais comme un jeune oiseau, né sous un beau feuillagi Fraîchement balancé dans l'arbre paternel, Supposait à sa vie un piiiitenips éternel.

Et ({iii voit accourir l'hiver dans un oiugc, J'ai vu tomber la feuille au vert pur et joyeux, Dont le iiémissement plaisait à mon oreille; Du même arbre aujourd'hui la fleur n'est plus pareille : Le tem])<, déjà le temps a-t-il touché mes yeux?

Du moins, là-bas, dans l'ombre, oii par lui tout arrive,

Si mes pas chancelants tombent avant le soir,

Il est doux en fuyant de regarder la rive

Où naguère Ion vint jouer avec l'espoir.

Là, de la vague eni'ance un plaisir qui sommeille

Dans les fleurs du passé tout à coup se réveille;

Il reparaît vivant à nos yeux d'aujourd'hui;

On tend les bias, on jileure en passant devant lui !

Ce tendre abattement vous saisit-il, mon frèie.

Le soir, quand vous passez près du seuil de mon père?

Croyez-vous voir mon père assis, calme, rêveur?

Dites-vous à quelqu'un : « Elle était là, ma sœur! »

Eh bien! racontez-moi ce qu'on fait dans nos plaines;

Peignez-moi vos plaisirs, vos jeux, surtout vos peines.

Dans l'église isolée. .. où tu m'as dit adieu.

Mon frère, donne encore à l'aveugle qui prie;

Dis que c'est pour ta sœur; dis, pour ta sœiu' chérie;

Elle est triste, ta sœur; dis qu'il en parle à Dieu !

Et le vieux prisonnier de la haute tourelle

Respire- t-il encore à travers les barreaux?

Partage-t-il toujours avec la tourterelle

Son pain, qu'avaient déjà partagé ses bourreaux?

Cette fille de l'air, à la prison vouée,

Dont l'aile palpitante appelait le captif,

144 l'OESIl^S

Ét:iit-ce mie âme aimante au malheiii- envoyée?

Était-ce l'espérance au vol tendre et furtit?

Oui : si les vents du nord chassaient l'oiseau débile,

L'œil perçLint du captil' le cherchait jusqu'au soir;

De l'espace désert voyageur immobile,

Il oubliait de vivre; il attendait l'espoir.

Car toujours justpi'au terme oii nous devons atteindii

Juscpi'au jour qui n'a plus pour nous de lendemain,

Le flambeau de l'espoir vacille sans s'éteindre,

Comme un rayon qni part d'une immoitelle mniu.

Et lui, voit-il encor la froide sentinelle

Attachée en silence au cercle de ses jours?

D'une faute expiée est-ce l'ombre éternelle?

Sur ces rêves tioublés veille-t-elle toujouis?

Regarde4-il encor, sous sa demeure sombre,

Les ileurs?... Libre du moins, toi, tu les cueilleras!

Oh! (pie j'ai vu souvent ses yeux luire dans l'ombre!

Etonné (pi'un enfant vînt lui tendre les bras,

Il me montrait ses mains l'une à l'autre enchaînées;

Je les voyais trembler, pâles et décharnées.

Au poids de tant de fer joignait-il un lemord?

Est-il heureux enfin? est-il libre? est-il mort?

Que j'ai pleuré sa vie! ô Liberté céleste!

Sans toi, mon jeune cœur étouffait dans mon sein;

•le t'implorais au pied de ce donjon funeste :

Un jour... as-tu, mon frère, oublié ce dessein?

De la déesse un joui' tu me montras l'image :

0 Dieu! qu'elle était belle! Arrivais-tu des cieux,

Liberté, pour ouvrir et pour charmer les yeux?

Dans nos temples d'alors on te rendait hommage;

Partout l'encens, les fleurs, l'or mûri des moissons,

ÉLÉGIES. lio

Les ilaiises du jeune àgc et les jeunes ehansuiit-, PiuLout l'étonnement, le doux rire des Grâces, Paitont la loide émue à genoux sur tes traces !

Et je voulais couiir, [our le vieux [>iisonniei-,

Te chercher par le monde où Ton t'avait levue;

Te demander pourcjuoi, dans nos champs revenue,

A hénir ton retour il était le dernier.

Doux crime d'un enlantî clémence aventureuse;

Je t'aime! un jour entier tu m'as lendue heineuse!

Toi dont le cœur naïf y prêta du secours,

Mon frère, dans mes vœux reconnais*moi toujours.

Que jimiais sm' ta vie une grille inflexible

A" étende son voile de Ter; Sois libre; et que le soit content, s'il est [ossible, N'ajoute plus tes maux à ce que j'ai souffert!

(Jii m'arrêta fuyante. Et, craintive, à ma mère

Je fus à jointes mains conduite vers le soii'.

0 mère ! trop heureuse encor de me revoir î

Sa tremblante leçon ne me fut point amère;

Car, de mon front coupable en détachant les ihav^,

Pour cacher son sourire elle baisa mes pleuis.

J'oubliai mon voyage; et jamais ta soufliance, Vieux captif! et jamais ton doux nom, Liberté! Et jamais Ion pardon de mon cœur regretté. Ma mère! et ton beau rêve envolé, belle France! Et la leçon : m Ma fille, oii voulez-vous courir? Votre idole n'est pas où vous pensez l'atteindre. \jii flambeau vous éclaire, et vous alliez l'éteindre ; Ce tlambenu, c'est ma vie, et je n'ai qu'à mouiir,

I4r> l'OESiKs.

Si vous iii'abaiidoiHii'z. l'oiir vous, clicic iii.i^piiuCj Livrée à des regrets que vous ne savez pas, Sous le toit déserté, l'aiblc et traînant vos pas, Trop tard, en gémissant vous seiiez revenue. Vos yeux à peine ouverts égareront vos jours, Enfant, si près de moi vous ne marehez toujours.

I' La Liberté, ma fdle, est un auge ipii vole.

f'our l'arrêter longtemps la terre est trop frivole.

Trop d'encens lui déj^laît, trop de cris lui font peur;

Elle étouftc eu un temple, et sa puissante haleine.

Oui cherche les parfums et l'air pur de la plaine,

Rafraîchit en passant le Iront du labouieur.

^)n (lit qu'elle descend rapide, inattendue;

Que son aile sur nous repose détendue...

Hélas! où donc est-elle? en vain j'ouvre les yeux;

En vain, dit-on : « Voyez! » je ne la vois qu'aux cieux.

Loin, bien loin des palais, au toit du jiauvre même,

Où l'on travaille en paix, oii l'on prie, où l'on aime,

Où rindigence obtient une* obole et des pleurs

La déesse en silence aime à jeter ses Heurs;

Les fleurs tombent sans bruit, et, de peur de l'envie,

On les effeuille à Dieu, (pii dit : « Cache ta vie. »

Ainsi priez, ma tille, et marchez près de moi :

Tn jour tout sera libre, ci. Hieu seul sera loi! )»

l.f.F.GIES. liî

IK RETOUR \ nORDEAlX

SuIuL! livaiiO aimé de m;» timltle enfance. Où (le ma vie en jîeur le sonac a commencé; Je l'aljorde, et je sens ma première espérance )\r réunir ti'emblant'^ à mon honlienr passé.

Qnel doux ravissement se glisse dans mes larmes? Onelle main me caresse et s'arrête à mon cœnr? (jnelle secrète voix, relevant ma langnenr, Et m'appelle, et m'attire oii la vie a des charmes? Parle-moi, je t'écoute, élofpient souvenir : Oui ne s'est détourné d'ini trom[)eur avenir, Pour chei'cher dans le fond de son âme attendrie Tes regrets, tes leçons, ta tristesse chérie? Ce tableau vagne et doux (pii repose les yeux. Qui nous rend l'innocence et le pardon des cieux. Ne nj'en détournez pas, j'y retrouve ma mère ! Laissez-moi regarder ma mère et mes beaux jours; .le lis perdis si jeune : il veut rêver toujours, (ichii dont le bonheur n'est plus qu'mie chimère.

Ingrate ! et sur qui donc se repose ma main?

X'ai-je pas un ami qui partage ma joie?

Sommes nous pas ensemble on le ciel nous envoie?

N'est-ce pas le bonheur qui m'escorte en chemin?

Xe parle- t-0!i jamais que des saisons passées?

Mon sommeil si souvent se peint de leurs couleui s :

Ponr rarrrtichir mrs yeux las^é'^ de laiil de plents.

l'^S POÉSIES.

I/;ivoiiii" iifa jtiomis (le liantes pensées:

•le le sens, c'est ici que j'en dois recueillir;

C'est ici que l'exil a perdu sa tristesse.

P) 'au rivage! au refus de la fière Lutèce.

Pour la seconde fois tu veux donc m'accueillir?

r.onime on voit vers le soir, dans la rade Iranquille, An milien des vaisseaux prêts à iranchir le port,

rili>ser sans bruit la barfpic agile.

Bornant s;', course à l'autre boid.

Ma voile n'ira |)lns, follement égarée,

Affronter les lointaines mers.

.Non! je ne veux courir que sur l'onde aznive,

Dont les flots ne sont point amers.

A travers les vieux pins qui peuplent la campagne. Des pas qu'on n'entend plus sont restés imprimés : Je crois suivre les pas du paisible Montagne, Je crois saisir dans l'air ses accents raniiués. Aux lèvres des vieillards je cbercbe son souriie, Sa railleuse vertu, sa facile pitié, Ces préceptes du cœur que son cœur sut éciire,

Et son amour pour l'amitié.

Que ce livre est beau! que je l'aime !

Le monde y paraît devant moi :

L'indigent, l'esclave, le roi,

J'y vois tout, je m'y vois moi-même.

Bords beui eux! de sa cendre il vous légua Ibonnenr. Tout ce qu'il cultiva nous instruit, nous attire,

Et les fruits que l'on en retir(\ Ont un goût de sagesse, un parfum de bonbenr. Il est doux, en passant un moment sur la terre. D'effleurer les sentiers où le sage est venu,

h'oiUretenir tout bas son malheur solitaire

Des discours d'un ami qu'où pense avoir connu.

Ainsi, comme une fleur ])aiir r;>venir semée,

0 Montesquieu ! ta ^râce a c uisolc mon sort,

Et je garde en mon ame, à jamais imprimée,

Cette plainte où ton àme a coulé sans effort :

I' Puisque je suis heureux, ipi'importe que je plcuio? o

Dans mon ravissement je l'ai dit tout à l'heure.

Hélas! je vis d'aimer, il me faut donc souffrir :

J'y consens, je suis faible et ne veux point haïr;

Je ne veux pas des maux 'que la sagesse ignore.

Trahie et sans espoir, je me tais, j'aime encore.

Je n'use point ma vie en longs ressentiments.

.Sj l'amour a des pleurs, la haine a des toiuMuents.

Mais quelle voix plus tendre S 'exhale au fond des bois :

Cotiii, je crois entendre Ta gémissante voix.

Non, c'est la tourterelle, Qui pleure ses amours :

Tu fus triste comme elle, On te plaindra toujours !

Les bords de ce rivage, Emus (le tes douleurs, Disent que ton bel âge A langui sur les fleurs.

Dé tes plaintes chéries.

On trouva le trésor; Les fleins se sont flétries; Tes pleurs vivent encor.

1/>0 POÉSIKS

Malviiui, (le les larmes llaconte les secrets.

Mathildc, dans ses charmes Oarde tes doux attraits :

I/à, la grâce craintive, Qu'on 7ie fil qu'entrevoir.

Se rétlécliit pensive, Comme au fond d'un nuroir

Va déjà lu sonmieilles; Tes tendres yeux fermés, Ile leurs brûlantes veilles Sont déjà consumés.

Il est doux de connaître l'n cœur comme le tien :

Il est cruel, peut-être, \)r rciilcndre trop bien !

\ii\ ((ilfiiiix (!(• Lfirmoul, dansent-elles encore,

Les Muses que j'adore?

Leniv pas mystérieux, est-ce le bi'uit léger Ijue m'apporte le vent dans son vol passager? KsI-ce leur chant dn soir qui Iréiiiil sur la rive.

Où le ])iinteinps arrive?

hieu ! qu'il verse de lleurs au bord (!es flots charmé D'un ciel icm})li d'amour cpie ces lieux >ont aimés! Que l'heure qui m'amène est belle dans ma vie! Temps! donne-lni des sœuis qui soient belles encor l)e ces lieux enchantés ne baimis phis mon soii : (.»(ie j'v vive mes jours, c'est tout ce (pie j'einic.

EI.EdirS. lui

Sailli! belle Aquitaine! En parcouranl le sol. Doux sol où s'éveilla l'àme de ton Orphée \ Je demande aux échos l'harmonieuse fée Qui souffla dans son sein la voix d'un rossignol. Est-ce aux peupliers verts qui bordent celte eau vive

Que son berceau fut suspendu?

Des flots mélodieux la cadence plaintive Le rappelle à mon cœur qui l'a bien entendu. Est-ce au brillant sommet des collines fleuries, Où se parfume, et vole, et languit le zéphyr ? Est-ce au vallon sonore, aux riantes prairies, . Uù le papillon naît et meurt dans le plaisir? Est-ce au roc hbre et fier que la vague menace, A^ec un bruit pareil aux autans orageux, Qu'il puisa son génie, et sa brûlante audace, Et sa liberté noble, et ses chants courageux? N'y trouverai-je point sa tombe recueillie? Non, la cité lointaine en est enorgueilhe; Mais son ombre parfois glissera sur les eau\, " Comme un doux alcyon dans son nid de rosejuix.. Cette lyre vivante, hélas! où donc est-elle? Oh! qui n'eût souhaité qu'elle lût immortelle? Mon cœur inocciqié, trop jeune pour l'amour. Sentit en l'écoutant qu'il aimerait un jour. Un bel euiant dès lors troubla ma rêverie; Je le baisai distraite, et ce baiser fut doux : J'en entretins longtemps ma mémoire attendrie; Il me l'a bien rendu, car il est mon époux. A tes enchantements c'est lui qui me ramène, Fleuve où n:ou souvenir s'éveill" et se promène.

152 roî:sïKs,

L'IiiroïKlollo en avili rcfilciiro comnio moi; Je voyage comme elle, el je chante pour loi :

Salut, l'ivage aime de ma limide enfance, Où (le m:) vie en Heur le rcve a rommencô : .le l'aborde, et je sens m:i première espériuice Me rriiiiii' Iremblantc à mon ])nnlieur pass;é.

DE BERVNGER

Quoi! Béranger! quoi! l'ami de la France,

I/Anacréon de nos jours orageux,

Au lulh sonore, aux accents courageux,

L'amanI aimé d'une jeune espérance,

Il est captif! L'ange aux mille couleurs,

Qui du poëte apportait la couronne,

Le doux ])rintemps qu'un air libre environne,

Au bruit des fers laisse tomber ses fleurs!

De ses baisers la féconde merveille

Va s'épancher sur une terre en deuil;

Kl vainement et la nyjuphe et l'abeillt'

he leur ami vont assiéijer le seuil!

Il est captif! Muses, voilez vos cliaimes : On l'enchaîna dormant à vos genoux.

PieiuTz, enfants, il n'est plus parmi nous : Il chante encor, mais ^ardé sous leurs armes.

Oa'a-t-il donc fait? Quoi ! ces nobles reiîrets,

Ces vœux ardents que lui seul ose écrire,

Au malheur même arrachant un sourire.

Servent de voile à des complots secrets ?

Ah ! dans ses chants écoutez sa belle àme :

Son innocence éclate en sa gaieté;

Le temps réserve à ses accords de Hamme

Vjï\ vaste écho dans la postérité.

Libres alors, vers le juge inflexible

Ils voleront d'amour environnés ;

Le temps dira : d Philosophe sensil)le.

Il eut des pleurs pour les infortunés, o

Je les ai vus errants sur l'autre rive ';

IVive d'exil, au triste souvenir :

De Béranger la muse fugitive,

Y vint, prophète, et parla d'avenir.

Son vol léger, son sourire, ses charmes,

Leur adoucit le sol de l'étranger ;

Car sur son aile, où brillaient quelques larmes,

Elle apportait les chants de Béranger.

Ils l'écoutaient, et leurs i égards avides

D'im ciel aimé revoyaient les couleurs;

Ils s'embrassaient, et dans leurs yeux humides,

L'espoir riait au milieu des douleurs.

Maiîi le vieillard qui, loin de sa patrie,

D'un pied tremblant traînait les derniers pas,

Disait tont bas d'une voix attendrie :

« Toi qui me plains, je ne te verrai pas! »

P,rii\..lle<.

15i POF.SÏES.

Voilà son dimo, o jnucs de l;i It'iit-; Sou indigciicc y \ersa dos l)ionf;iils : Il consola le banni solitaire.

El dans ses pleurs ou trouve ses foiiails. (}ni ne tressaille au bonheur de les lire? l»assurez-\ous, on ne peut l'inuter.

Mais il est pauvre; ah! laissez-lui sa lyre! Mais il est Irisle; ali ! laissez-le chauler!

Il ne croit j)as ce que vous semblez croire : L(^, seul ini[)ie a redouté sa voix.

Dimi lui dit : a Cherche! » Il a trouvé la gloire Dieu lui dit : « Chante i » Il a chaulé ses lois.

(juel vide allVeux répond à ma [lenséeî Elle ressemble aux vauis soupirs des flols; Et, lai i gué de sa course glacée, Le tem[)S s'endort couronné de pavots.

Il est captil!... mais (piels ci'is, quelle joieV Uuelle espérance, et quel dieu nous l'envoie'/ Libre! est-il libre? 0 mes amis, parlez : libre! il est libre? 0 mes laiines, conlez.

El loi, salut! bruyante ii'uommée!

Tu dis les maux, lu dis aussi les bien-^. . Caresse encor mon oreilK^ charmée, lîépète-nons (|imI n'a plus de liens.

Honhenr à lonsl ipie le travail s'airèle! Jouez, enli'.nis, car c'est un jonr de léle;

ELEGIES. l-,5

iix maux longs et sec ^)iii de mes mains lait tomber les cyprè-

Tréve cliaiiiiuiitc aux maux longs et secret

La vie est belle, ô mes belles eompaimes! Je l'aime encor, j'aime encor les cam[)agne>; J'aime aux fronts purs de riantes eouleurs : ^^mplles, dansez! ])riiUe]nj)s, ji-tez des fleurs

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