‹ Poésies. Nouv. éd. augm. et précédé d'une noticeChapitre 43 sur 108 · A >[ ON AMIE · texte numérisé non relu

A >[ ON AMIE

ALBERTINE GA^■TIEll

Il c'>t deux Amitiés c<jmmo il est deux Amours.

L'uue ressemble à l'impiiideuce; Fuite pour l'âge heureux dout elle a riguormice,

C'est une enfant qui lit toujours.

Bruyante, naïve, légère.

Elle éclate en transports joyeux.

Aux préjugés du monde, indocile, étraiigèic, Elle confond les rangs et folàtie avec eux.

L'instinct du cœur est sa science.

Et son guide est la confiance.

L'enfance ne sait point haïr :

Elle ignore qu'on peut trahir.

Si Teunui dans ses yeux (on l'épi ouve à tout ài:G)

Fait rouler quelques pleurs, L" Amitié les arrête, et couvre ce nuage

D'un nuage de Heurs.

On la voit s'élancer près de reniant qu'elle aime, Caresser la douleur sans la compieiidre eiicor. Lui jeter des bouquets moins riants ([u'elle-mènR-, L'ol;)ligei' à la fuite et reprendre l'essor.

C'est elle, o ma première amie!

Duiii la chaîne s'étend [»our nous unir toujoui^.

15K l'tiEMES.

I']llc cuibcllil |i.ii loi r;mrorc (le ma vie, l^ilr en rloit ombellir oncor les dorniers jouis.

(Ili ! (juc sou empire est iiunable !

(Ju'il (■é])aml un chanucî inelî'able

Sur la jeunesse et l'avenir,

Ce doux reflet du souvenir!

Ce rêve pm^ de nolie enfance

En a proloniié l'innocence; l/Aniour, le temps, l'absence, le malheur, Semblent le respecter dans le fond de mon cœur. Il traverse avec nous la saison des oiage>, Comme un rayon du ciel qui nous guid.' et nous luit;

C'est, ma chère, un jour sans nuages

Qui prépare une douce nuit.

L'autre Amitié, plus -^ravc, plus austère, Se donne a\ec lenteur, choisit avec mystère. Kllc observe en silence et craint de s'avancer; Elle écarte les fleurs, de peur de s'y blesser. Choisissant la raison pour conseil et pour guide, Elle voit par ses yeux et marche sur ses pas : Son abord est craiiitil', son regard est timide; Elle attend, et ne prévient pas.

KLLGIK^. IMi

HIERE

.N(3 me i\\\> pas mourir >olis les u^:\ce> de l'àiie, Toi qui formas mou cœur du feu pur de l'aumur. liappelle tou cntaul du Uiilieu de l'orage : llieu! j'ai peur de l;i uuil. (M!t':,j(' lu'envde au jour

Après ce que j'aimai je ne veux pas m'éleindre; Je ue veux pas mourir dans le deuil de sa mort : (jue son souille me clierche, attaché sui' mou soit.

Kl défende au froid de m'atteindre.

Laisse alors s'embrasser dans leur étonuemeut. Et [jour Télernité, deux innocentes flannnes. Hélas! n'en mis-tu pas le doux [iressentiment Dans le fond d'un baiser où s'attendaienl nos àuies !

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