‹ Poésies. Nouv. éd. augm. et précédé d'une noticeChapitre 80 sur 108 · PARDON · texte numérisé non relu

PARDON

Et toi, crois-tu comme eux le ciel inexorable? Es-tu triste en songeant qu'il est fermé sur moi, Que mon éternité coulera misérable.

Et qu'à force d'amoui" je l'oubliai pour toi !

Le savais-tn déjà, lorsipie tu m'as charmée, Que se })lairc est un crime et s'entendre une erreur? Pour l'oublier aussi tu m'as donc bien aimée? Et le ciel, tout le ciel, n'était-ce pas ton cœur?

Mais si Dieu n'a lieii fait pour défendre (pi'on aime. S'il n'a pas dit renier au monde épouvanté,

S'il n'est pas descendu \miv l'annoncer lui-même, L'homme est donc bien méchant de l'avoir inventé!

Ne crains pas ! j'ai hmiiui dans un feu qui dévore; J'ai porté ma couronne, et ma croix, et mes pleurs. Je mourrai loin de toi... que puis-je craindre encore? Va, pour tous les tombeaux la nature a des fleurs.

Dieu n'a pas dit : « Drisez son fragile courage. » Dieu fit le roseau faible, et l'air est son appui : L'espérance, c'est Dieu, même au sein de l'orage; Je suis roseau, je tremble... et je cherche après lui !

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