‹ Poésies. Nouv. éd. augm. et précédé d'une noticeChapitre 82 sur 108 · L'ADIEU TOUT BAS · texte numérisé non relu

L'ADIEU TOUT BAS

Quoi ! chanter quand l'amour, quand la douleur déchire ! Chanter, la mort dans l'âme et les pleurs dans les yeux ! Jean Polo.mus.

Autant que moi-même, En quittant ces lieux, Cherchez qui vous aime Et vous phiise mieux !

Eloignez la ilamme Qui nourrit mes pleurs, Car je n'ai qu'une âme Pour tant de douleurs!

La raison regarde A tiop d'amitié; J'en pris, par mégarde, Plus de la moitié !

Dormez à ma plainte, Quand j'écris tout bas Ces mots que ma crainte N'exhalera pas!

La femme qui pleure Trahit son pouvoir; Il faut qu'elle meure Sans le laisser voir !

Oiiaiid le cœur sommeille Frappé (.le langueur, (]c n'est pas l'oreille Qui eompreud un cœui !

11 est un langage Appris par les yeux; Nos yeux, page à page, Y huent les cieux !

C'est un livre d'ange, Quand on est aimé :

Si l'un des deux change, Le livre est fermé!

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