‹ Poésies. Nouv. éd. augm. et précédé d'une noticeChapitre 93 sur 108 · UNE ONDINE · texte numérisé non relu

UNE ONDINE

L'onde murmure, la vague s'élève.

La sirène ratlire par ses paroles, elle le charme ar ses chants.

GiETHE.

La rivière est amoureuse, Kufant! n'y viens pas le soir; Près d'Augèle la peureuse Va plutôt rire et t' asseoir.

Si l'eau jalouse en soupire, Ferme l'oreille à sa voix; Car elle roule un empire Doux et mortel à la fois.

Chaque soir, ses bias humides Attirent (pielque imprudent Oui, sous ses perles liquides.

Vient plonger son cœur ardent \]i\ miroir à la sui l'ace Sourit, trempe de IVaîchcur,

Le pied glisse; l'onde ellace Le sourire et le plon^ïeur !

Et la vierge fiancée Pleure au pied de l'élémenL Qui, dans la couche glacée, Berce à jamais son ani.^uit, ('et amant, dont sa jeune unie Croit entendre les sanglots Murmurer : « Venez, ma femme, Dormir aussi sous les flots, d

Par le doux Pater d'Aiigèlc, Par ses yeux fervents d'amour, Par la croix ! par la chapelle Qui doit vous unir un jour.

Enfant! l'onde est molle et pure; Mais elle a soif de nos pleurs, La rive ombreuse est plus sùie :

N'en dépasse pas les fleurs !

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