‹ Poésies nouvelles, 1836-1852Chapitre 21 sur 88 · A LYDIE · texte numérisé non relu

A LYDIE

Tr<A[)riT D HORACE ODE IX, LIVRE III

Lorsque je t'avais pour amie, Quand nul jeune garçon, plus robuste que moi. N'entourait de ses bras ton épaule arrondie,

Auprès de toi, blanche Lydie, J'ai vécu plus joyeux et plus heureux qu'un roi.

Quand pour toi j'étais la plus chère.

Quand Chloé pâlissait auprès de Lydia, Lvdia, qu'on vantait dans l'Italie entière,

Vécut plus heureuse et plus tière Oue dans les bras d'un dieu la Romaine llia.

Chloé me gouverne à présent, Chl(jé, savante au luth, habile en l'art du chant; Le doux son de sa voix de volupté m'enivre.

Je suis prêt à cesser de vivre Si, pour la préserver, les dieux voulaient mon sani

Je me consume maintenant D'une amoureuse ardeur que rien ne peut éteindre Pour le tils d'Ornithus, ce bel adolescent.

Je mourrais deux fois sans me plaindre Si, pour le préserver, les dieux voulaient mon sang.

Eh quoi! si dans notre pensée L'ancien amour se rallumait?

Si, la blonde Chloé de .ma maison chassée. Ma porte se rouvrait? si Vénus offensée Au joug d'airain nous ramenait?

Calais, ma richesse unique.

Est plus beau qu'un soleil levant. Et toi plus léger que le vent.

Plus prompt à t'irriter que l'âpre Adriatique; Cependant près de toi, si c'était ton plaisir. Volontiers j'irais vivre, et volontiers mourir.

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